Le bambou, matériau d'avenir des composites et de la construction : c'est le message de la jeune entreprise Bamboo Fibers Technology. Elle détient pas moins de cinq brevets mondiaux autour de ce matériau aux propriétés mécaniques et de dureté exceptionnelles (30 % plus dur que le chêne) tout en étant trois fois moins dense. L'idée de Michel Malvy, son fondateur, est de proposer diverses qualités de fibres peu chères (cinq à dix fois moins que les fibres minérales), de diamètres et longueurs variés, croisées entre elles ou bien associées à de la poudre de bambou en fonction des propriétés recherchées (flexion, torsion, allongement, etc.). On peut alors concevoir des pièces composites très légères, chargées à 90 % de fibres (au lieu de 30 % avec la fibre de lin), où la matrice n'est qu'un liant. En production, rien de comparable avec le fin fil de bambou pour textile auquel on reproche le recours aux produits chimiques. Les procédés mis en oeuvre dans la première usine, en Thaïlande (50 t/an) ne seront pas chimiques et minimisent l'énergie consommée. En outre, aucun déchet n'est produit : la sève ira en cosmétique ou dans l'industrie des boissons, les branchages fins seront broyés en paillettes utilisées comme charges pour matériau de construction et les feuilles macérées iront à la production d'un alcool local. L'approvisionnement est garanti car l'espèce géante utilisée a un fort rendement (80 % de fibres) et pousse très vite et très haut (30 m). Bamboo Fiber Technology a déjà obtenu une concession de 150 000 ha en Thaïlande et a une option au Cambodge.