Le torchon brûle entre l'État et Midi-Pyrénées. La Région s'est autodessaisie de sa compétence « déchets dangereux » le 26 juin. Motif : dans un décret du 30 novembre 2007, le préfet du Tarn modifie les conditions d'utilisation du centre technique de stockage des déchets ultimes (CTDSU) de Graulhet, de classe 1, contre l'avis du conseil régional, lequel est pourtant en charge de la planification de l'élimination des déchets dangereux. Le plan régional d'élimination des déchets dangereux (Predis, devenu Predd en 2007) prévoyait pour cette installation classée un volume annuel de déchets ultimes de 30 000 tonnes au maximum et une provenance géographique limitée à Midi-Pyrénées et aux régions limitrophes. Or l'exploitant, Occitanis (filiale de Veolia et de Suez), a sollicité l'État en 2007 pour obtenir une extension à 50 000 tonnes et la possibilité d'accepter des déchets d'autres régions (Paca, Rhône-Alpes, Catalogne et Andorre). Associations et collectivités ont manifesté leur opposition au projet lors de l'enquête publique de février et mars 2007. Pour la Région, cette décision conduit à réduire d'au moins sept ans la durée de vie de l'installation, prévue initialement pour trente ans, alors que la création d'un autre centre est difficilement envisageable. « Si l'avis de la Région n'est pas suivi par l'État alors même que notre compétence s'arrête à cette fonction, à quoi rime cette mascarade ? Vous ne tenez pas compte de nos avis, alors reprenez cette compétence vide de sens ! » s'est exclamé Martin Malvy, président du conseil régional, lors du vote en assemblée plénière.