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DU PRÉLÈVEMENT ANNUEL À L'ANALYSE EN CONTINU

LA RÉDACTION, LE 1er DÉCEMBRE 2008
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La crise de la dioxine d'incinération (1998-2005) aura eu deux vertus : sceller le sort des usines polluantes, mais aussi faire la publicité d'une nouvelle technique de mesure : l'analyse en continu. Le principe est le suivant : au lieu d'un prélèvement biannuel (à la cheminée ou dans le milieu), on dispose, pendant plusieurs semaines, une cartouche qui accumule et compte les molécules de dioxine. Ensuite, au laboratoire, il n'y a plus qu'à diviser par les mètres cubes de fumées évacués durant ce temps pour connaître la teneur en dioxine. Comme pour le prélèvement ponctuel, le résultat ne peut être connu en temps réel car il faut « dépouiller » l'échantillon au laboratoire, mais la mesure est censée être plus fidèle. « Le reste du temps, l'exploitant ne connaît pas la concentration en dioxine émise », note le Sivert d'Est-Anjou, qui a installé un suivi en continu sur son usine de Lasse (49). Sachant cela, certains préfets vont jusqu'à intégrer dans leurs arrêtés d'exploitation l'obligation de s'équiper d'analyseurs en continu. C'est le cas de l'incinérateur de Melun (77). Cette usine est l'une des deux, avec celle de Toulon, à s'être équipée du Coper-Diox, un système de mesure en continu à la cheminée et dans l'environnement commercialisé par le cabinet Merlin sur matériel Environnement SA, qui a racheté il y a deux ans le leader mondial du secteur, Becker Messtechnik (lire aussi p. 86). À la cheminée, la cartouche accumule la dioxine durant quatre semaines avant envoi au laboratoire. Dans l'environnement, il trace les retombées dans un rayon de 5 km avec des jauges Owen relevées tous les six mois. Avantage de cette technique, au coût d'un euro la tonne de déchets incinérés : elle permet de remonter jusqu'à l'origine du polluant, car chaque dioxine a une signature différente suivant la combustion dont elle est issue. « C'est ainsi qu'on peut affirmer que 90 % de la dioxine recueillie dans l'environnement d'un incinérateur proviennent de sources autres », avance Jean-Mary Lejeune, directeur général adjoint de Novergie. Au total, le SVDU, le syndicat des exploitants d'usines d'incinération, recense une vingtaine de sites équipés en analyseurs de dioxine en continu, soit à peine 20 % du parc français. Chez Veolia, on indique que dix sur onze le sont.


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