Les professionnels de l'incinération partent en campagne pour changer l'image de la filière du traitement thermique des déchets. Luc Valaize, le nouveau président du Syndicat national du traitement et de la valorisation des déchets urbains (SVDU), veut renouer le dialogue et annonce « descendre de son arrogance technocratique pour une écoute active des opposants ».
Plombée par un passif environnemental et sanitaire, la filière a du pain sur la planche, mais dispose aujourd'hui d'arguments solides. Forts de très nombreuses études dont la dernière de l'Institut national de veille sanitaire, les industriels peuvent affirmer que les incinérateurs en fonctionnement respectent aujourd'hui les normes de rejets et n'ont plus d'impacts significatifs sur le milieu et la santé des riverains.
Reste à faire évoluer des convictions ancrées sur des données bien réelles, mais aujourd'hui dépassées ! Pour cela, le SVDU veut convaincre ses adhérents de publier systématiquement les résultats des mesures effectuées en sortie de cheminée, voire de faire contrôler celles de dioxine par les Drire. Dans la même logique, les mesures de concentrations de mercure dans l'air réalisées par France Nature Environnement seront, à la demande des chloriers mis en cause, refaites selon un protocole validé par l'État, les industriels et les associations.
Car l'enjeu est bien là. La crédibilité des mesures, et des études en général, reste le point d'achoppement des débats sanitaires, comme celui en cours sur les risques des ondes électromagnétiques. Et si la jurisprudence récente s'est appuyée sur le principe de précaution pour demander aux opérateurs de démonter leurs antennes-relais, le débat fait rage du fait de l'absence d'études incontestables.
Mais comment sortir de cette impasse ? Dans un monde industriel où l'autosurveillance devient la règle, où le nombre de contrôleurs est bien inférieur au nombre de contrôlés, comment répondre à cette exigence de certitude ?
La seule réponse aujourd'hui consiste déjà, pour les industriels, à appliquer la réglementation et, pour les services de l'État, à la faire respecter. Restaurer la confiance des parties prenantes, une première étape longue... mais indispensable.