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La chaudière « nucléaire » de Cransac

LA RÉDACTION, LE 1er MAI 2009
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Alimenter une chaufferie avec des noyaux de fruits. Les élus de Cransac-les-Thermes, dans l'Aveyron, ne manquent pas d'imagination pour limiter le recours aux énergies fossiles, diminuer les émissions de CO2 et offrir à un industriel de l'agroalimentaire un exutoire à ses déchets. Depuis début avril, le fabricant de confitures Andros, situé à 80 km, peut écouler annuellement 300 tonnes de noyaux de fruits à la régie municipale qui exploite le nouveau réseau de chaleur de la ville (boucle de 3 700 m desservant 7 500 m2), alimenté par une chaudière à biomasse, d'une puissance de 500 kW, et par une chaudière gaz d'appoint de 800 kW. Conçu au départ pour fonctionner avec des plaquettes forestières, l'équipement a été légèrement redessiné au niveau de son alimentation pour accepter également les déchets d'Andros. « Leur pouvoir calorifique est de 4 500 kWh/t, 50 % supérieur au bois », souligne Philippe Ferest, dirigeant de Ferest Ingénierie, qui a assuré avec Seca Ingénierie la conception et la maîtrise d'oeuvre. Ce combustible, aussi original que les déchets de lin choisis pour chauffer un écoquartier de Grandvilliers dans l'Oise, est d'abord séché à l'air libre puis dans un hangar, pour atteindre 16 % d'humidité, et enfin stocké dans un silo enterré de 70 m3. Une solution à la fois écologique, tant du point de vue du climat avec 268 t de CO2 épargnées par an que de la qualité de l'air (49 kg de NOx et zéro SOx rejetés) et économique : le kWh revient 0,51 centime d'euro, la tonne de noyaux étant rachetée 7 euros. L'opération, qui a coûté 846 043 euros, est couverte à 75 % par des aides publiques de l'Ademe, de l'Europe et le conseil régional qui a financé, à hauteur de 5,5 millions d'euros, dix-neuf réseaux de chaleur en Midi-Pyrénées.


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