Première collectivité à avoir lancé la location de vélos en 1976, La Rochelle est aussi la première à faire rouler ses véhicules à l'huile de friture usagée. « Le dispositif technique est prêt depuis 2007, mais nous attendions l'autorisation réglementaire du ministère du Budget concernant les taxes sur le carburant », explique Yann Juin, vice-président de la communauté d'agglomération chargé de la prospective et du développement durable. Finalement, l'autorisation a été donnée en début d'année, avec une taxation équivalente à celle des biocarburants. L'huile de friture sera donc utilisée en additif et permettra une économie de 30 % de gazole. L'association Roule ma frite 17, basée sur l'île d'Oléron, a construit l'unité de filtration après un appel d'offres. Faute d'autorisation, le système fonctionne depuis 2007 avec des huiles végétales pures. « Mais par souci de développement durable, notre projet était d'utiliser les huiles alimentaires usagées (HAU). Recycler un déchet évite de boucher les canalisations et économise les ressources naturelles. » Le système repose sur le principe d'un apport volontaire des restaurateurs locaux. À ce jour, sur un potentiel de 250 établissements, 233 ont signé une convention ou sont en passe de le faire. Le contrat exclut les huiles de palme. Depuis un an, 11 000 litres d'HAU ont ainsi été récoltées. Le site, qui compte un salarié, a une capacité de traitement de 100 000 l par an. Le budget est minime et l'huile quasiment gratuite. Le carburant produit est utilisé par les neuf camions du service assainissement. Si la production le permet, ceux du service déchets pourraient également être alimentés. Mais il faudrait manger plus de frites...