Les débris végétaux qui s'échouent sur les plages sont voués à la décharge de classe II, car le déchet ramassé comporte 80 % de sable. Or, un tri mécanique dans un trommel suivi d'un criblage par vibrations permet de récupérer les algues et herbiers marins, en particulier la zostère. Grâce à ce traitement, neutre, le sable est redéposé sur les plages.
Ensuite, Algieplus, une jeune société des Côtes-d'Armor, sèche et compacte la zostère pour l'utiliser comme substrat pour la culture hors-sol. Ces plantes herbacées formant des herbiers possèdent en effet une forte capacité de rétention d'eau. L'unité (100 x 20 x 7,5 cm) est vendue à un tarif proche de celui de la laine de roche ou de la fibre de coco. Elle bénéficie ensuite d'une seconde vie comme amendement organique en épandage traditionnel. D'autres débouchés sont envisageables : en toiture végétale, inspirée des traditions des pays nordiques, ou comme alternative aux panneaux en aggloméré de chanvre. Philippe et Bruno Jacob, fondateurs d'Algieplus, ambitionnent de traiter la totalité de la zostère échouée en France, soit 8 000 tonnes. Le bassin d'Arcachon, en fournit déjà 50 %. Sur ce site, la société a investi 300 000 euros dans une unité de production qui fonctionne depuis cet été. D'autres projets similaires sont en cours, notamment au Québec et en Mauritanie.
Le laboratoire de recherche d'Algieplus étudie aussi les molécules présentes dans l'ensemble des espèces d'échouage. Un produit phytosanitaire de prévention par stimulation des défenses naturelles devrait naître de leur formulation et être commercialisé au premier semestre 2010.