Attendre que la crise passe et que les clients reviennent : tel est le mot d'ordre des bureaux d'études qui, comme bien d'autres secteurs, pâtissent du ralentissement de l'activité économique. D'autant que la pression réglementaire semble s'alléger, afin de ne pas pénaliser davantage les entreprises. « Il m'est arrivé de relancer un client, qui m'a répondu que le préfet lui donnait un an de sursis, et qu'il attendait la fin de ce nouveau délai avant d'investir dans la mise aux normes », dénonce un responsable de bureau d'études. Résultat : « certains clients retardent la réalisation de leurs projets », observe Sylvie Brosson, secrétaire générale d'IDE environnement.
Les bureaux d'études jouent donc la prudence, en recrutant uniquement pour compenser les départs. « Nous restons vigilants et nous essayons de faire le même travail avec moins de personnes », assure ainsi Irène Robert, chef du service emploi d'Antea. Néanmoins, certains secteurs tirent leur épingle du jeu, essentiellement en raison des réglementations environnementales.
C'est le cas de l'air, grâce à la réglementation sur les odeurs dans les centres de compostage, qui a nécessité des études. C'est aussi le cas des risques industriels, car avec la loi Bachelot du 20 juillet 2003 sur les installations classées, les études de danger se sont complexifiées. D'où un travail supplémentaire pour les bureaux d'études. « Nous sommes très intéressés par les doubles compétences en analyse des risques majeurs et en accompagnement dans la mise en place de systèmes de management environnemental et de gestion de la sécurité, indique Pierre Roumieux, directeur du pôle environnement de Guigues environnement. Ces deux savoir-faire, et plus globalement tout ce qui participe de la maîtrise du risque, se retrouvent au coeur de nos missions auprès des installations classées. » La haute qualité environnementale, les sites et sols pollués ainsi que les déchets tirent également leur épingle du jeu.
Reste que les bureaux d'études recherchent essentiellement des profils expérimentés. Berim recrute surtout des ingénieurs avec deux ou trois ans d'expérience. Antea cherche des chefs de projets connaissant bien leur domaine. Et si IDE environnement recrute des jeunes, qu'elle teste auparavant lors de stages de fin d'études, Sylvie Brosson remarque que « le marché de l'emploi va vers la saturation pour les jeunes : je n'ai jamais reçu autant de candidatures, pour des postes comme pour des stages ».