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La France en manque de déchèteries professionnelles

LA RÉDACTION, LE 1er MARS 2010
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Les déchèteries sont désormais bien ancrées dans le paysage. En France, on en dénombre plus de 4 000 pour le grand public. Celles qui se sont spécialisées dans la collecte des déchets professionnels sont en revanche beaucoup plus rares. Trop rares, puisque plusieurs départements en sont même dépourvus. Pourtant, les entreprises produisent en moyenne 449 millions de tonnes de déchets par an (dont 359 pour le BTP), loin devant les ménages (31 millions de tonnes). Seules quelques régions sortent du lot, comme Rhône-Alpes ou l'Île-de-France. Ailleurs, les déchèteries se concentrent plutôt autour des grandes agglomérations. Or, comme le souligne Hervé Grimaud, directeur général de l'éco-organisme Récylum, « un professionnel ne va pas faire 50 km pour se débarrasser de ses déchets ». Le sort des matériaux de terrassement, bidons en plastique et même des déchets toxiques est très divers. Beaucoup sont valorisés sur le chantier ou confiés à un prestataire spécialisé. Mais les dépôts sauvages prouvent que certains échappent encore à la collecte et aux statistiques. Enfin, lorsque les volumes ne justifient pas la mise en place d'un conteneur sur site, les bennes à ordures ménagères deviennent souvent des déversoirs. « En théorie, les magasins de peinture récupèrent nos emballages souillés, mais en pratique tout finit souvent dans les sacs-poubelle », confirme Jane Calrini, artisan peintre. Les collectivités sont conscientes de l'enjeu. Et choisissent généralement le moindre mal : deux tiers des déchèteries grand public ouvrent leurs portes aux artisans et aux PME, sous réserve qu'ils paient le prix du traitement de leurs déchets. Mais la solution est loin d'être idéale. Les apports sont contingentés pour éviter qu'ils ne prennent le pas sur la gestion des détritus des ménages, et les déchets spéciaux ne sont pas acceptés. Impossible par exemple pour bon nombre de déchèteries de stocker l'amiante lié, les déchets de chantiers ou les solvants. « La collectivité ne doit pas se substituer aux prestataires privés, enrage Loïc Lejay, responsable du pôle déchets à Amorce. Les déchèteries professionnelles devraient être financées par les entreprises, leurs fédérations et les chambres consulaires. » Face au manque d'initiatives, certaines collectivités prennent malgré tout le relais. Soit en créant leur propre centre de collecte, soit en intervenant de manière plus indirecte. « Une commune peut très bien décider d'accepter une zone artisanale sous réserve qu'une déchèterie professionnelle soit installée », estime Éric Gaucher, adjoint à la direction du Bureau de la prévention des risques au ministère de l'Écologie. Autre rôle des collectivités : « Le marché pour ce type de déchèteries doit être adapté aux besoins des départements, poursuit-il. Avec les lois Grenelle, il y a une obligation de dresser un plan de gestion départemental des déchets du BTP. Certains sont déjà lancés, mais pas tous ». Ces plans devraient permettre de quantifier et de localiser les besoins. En 2003, celui de Paris et de la petite couronne avait permis de déterminer que 44 % des entreprises du bâtiment ne triaient pas leurs déchets de chantier, 45 % des mauvais élèves insistant sur le coût trop élevé de l'évacuation et 36 % relevant l'absence ou l'éloignement des filières. Le développement des déchèteries constituant une partie de la solution, mieux vaut ne pas multiplier les freins administratifs. « Les enquêtes des pouvoirs publics sont parfois très lourdes et il ne faut pas que des conditions trop dures empêchent leur développement », estime Hervé Grimaud. L'autre paramètre est économique. Pour que le flux de déchets soit suffisant, les autorités peuvent jouer sur le prix des déchets non triés... en veillant à ne pas entraîner dépôts sauvages par un prix trop élevé. Enfin, l'enjeu quantitatif ne doit pas faire oublier la nécessaire modernisation des lieux de collectes existants. « Certaines déchèteries professionnelles sont des centres de tri très efficaces, mais d'autres ne sont qu'un grand terrain et un trou dans lequel on enfouit un peu tout, regrette Hervé Grimaud. Il faut améliorer leur niveau technique. » Éric Gaucher précise leur rôle : « Ce sont des lieux de prétraitement. Le tri doit être suffisamment fin pour distinguer les grands flux de déchets et les orienter vers la bonne filière de réemploi ou de recyclage ». En termes de priorité, les matières dangereuses doivent être surveillées de près, mais les déchets inertes, du fait de leur quantité, ont une importance capitale. Sans compter les nouvelles filières de valorisation à créer, à l'instar des déchets électriques du bâtiment.


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