Utiliser pour le bitume un liant végétal plutôt que pétrolier, c'est l'idée lancée il y a trois ans par l'entreprise Fayolle. Elle fait appel au laboratoire de chimie agro-industrielle (LCA) de l'Ensiacet de Toulouse, qui cherche depuis plus de quinze ans à utiliser des composés végétaux pour des applications industrielles. Après un premier test réussi sur le parking de l'entreprise, une expérimentation grandeur nature a été réalisée sur un trottoir de Toulouse (31) en décembre dernier, sous le regard attentif de l'adjoint au maire à la voirie, Alexandre Marciel, membre du groupe d'experts en chimie verte « Chimie autrement ». « La grande difficulté de la recherche dans ce domaine, explique Carlos Vaca-Garcia, enseignant-chercheur au LCA, c'est que le test ne peut se faire qu'avec une certaine quantité de mélange, ici 2,5 tonnes d'enrobé, de liant, de cailloux et de sable. »
Le polymère est élaboré à partir de cellulose issue de bois local et d'huiles végétales. Il change radicalement des produits traditionnels : solide et non liquide, il est fusible à chaud, n'est pas noir et ne colle pas aux outils. Ce bioplastique breveté présente plusieurs intérêts : il n'émet pas de vapeurs toxiques et peut se fabriquer à partir de papier recyclé ou de sciure de bois. Transparent, il peut prendre la couleur des cailloux ou d'un pigment ajouté. Encore imparfait, le test toulousain doit être renouvelé prochainement afin d'améliorer la consistance du mélange.