Les groupes suisses Novartis, Syngenta et Ciba-BASF démarrent fin août, pour 20 millions d'euros, l'assainissement de la décharge multi-usagers du Letten (Haut-Rhin), où ils ont entreposé 3 200 t de leurs déchets entre 1957 et 1960, à quelques kilomètres de leurs usines de Bâle (Suisse). L'initiative leur revient, sachant qu'un arrêté préfectoral de mai 2010 fixe les prescriptions du chantier et la surveillance de ses effets dans le temps. Le même schéma s'appliquera en 2011 à un site voisin, toujours côté français. Les travaux prévus jusqu'au printemps prochain consistent à excaver le mélange de gravats et de déchets chimiques pour les incinérer en Allemagne par HIM, le prestataire déjà retenu à Bonfol, la décharge suisse voisine bien plus vaste (114 000 t chimiques). La principale question concerne la contamination de l'eau potable que pourrait provoquer la migration des substances du Letten dans la nappe souterraine. Pour les industriels, rejoints par la Dreal Alsace, la chose est entendue : « Toutes les études des tiers experts, dont Antea, ont clairement conclu à l'absence de menace sur les captages environnants », déclare Günter Fritz, chef de projet du GI-DRB, le groupement des trois industriels. Pour s'en assurer, la commune suisse limitrophe d'Allschwil (20 000 habitants) réclame depuis des années des forages complémentaires et des analyses géoélectriques, plus poussées. Le refus au motif du superflu laisse perplexe Andreas Dill, le responsable environnement de la commune. « Nous n'affirmons pas qu'on nous cache une pollution. Nous souhaiterions être totalement sûrs du contraire. »