Pour recycler au lieu d'enfouir les déchets complexes, comme les résidus de broyage automobile, les fils contenus dans les déchets électroniques, les mélanges de matières en petite quantité, le recours à la flottation est généralisé. Mais cette technologie génère des effluents. La PME Metaufer propose depuis peu une alternative « à sec ». Sa chaîne de séparation à Erstein (Bas-Rhin) fait se succéder des tris électromagnétique et optique avant une dernière phase manuelle. « Le système exploite à fond les différences de propriétés physiques des matières, en termes de granulométrie, de densité et de magnétisme », expose le P-DG, Philippe Gadouleau. Metaufer n'a pas inventé un procédé nouveau. Mais, en s'appuyant sur sa bonne connaissance des techniques de séparation, l'entreprise a eu l'idée de les rassembler en une quinzaine de machines. Et, parfois, de détourner leur usage de façon insolite : la reconnaissance optique infrarouge, courante pour les bouteilles plastiques, sert ici à trier les fractions de granulométrie supérieure à 40 mm, en complément de l'électromagnétisme.
Objet d'un investissement de 1,8 million d'euros, l'installation sépare les matières entrantes en dix-sept familles de deux tailles (plus ou moins 40 mm) : métaux, ferrailles, câbles, cartes électroniques, bois, terres, pierres, plastiques, caoutchouc... Metaufer annonce leur valorisation à 95 %, répartie à parité entre recyclage et incinération. La société vise entre 8 000 et 10 000 tonnes annuelles.