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Et eux ? Que pensent-ils du Grenelle ?

LA RÉDACTION, LE 1er DÉCEMBRE 2010
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Jean-François le Grand Sénateur de la Manche Le grand succès du Grenelle, c'est le nouveau mode de gouvernance qu'il a instauré. Et cette concertation à cinq est irréversible. Sur le fond, j'ai de vrais motifs de satisfaction sur la biodiversité. Qu'il s'agisse de la trame verte et bleue, de la restauration des espèces ou de la future Agence de la nature, les mesures sont bien engagées même si je constate que les Régions ne semblent pas très motivées pour construire leur schéma de cohérence écologique en affrontant les pressions locales. Autre sujet de satisfaction, la loi sur les OGM. Elle a le mérite d'exister même si les parlementaires ont été bien frileux dans sa rédaction. Mais il reste un chantier majeur à engager sur la réforme de la fiscalité. Bruno Genty Président de France nature environnement Le Parlement peut voter toutes les lois du monde, mais si elles ne trouvent pas d'application sur le terrain, elles ne servent pas à grand-chose. C'est pourquoi nous espérions que le rapport d'étape du Grenelle s'attacherait à identifier les blocages qui subsistent. Par exemple, la gouvernance à cinq est un acquis majeur, mais, aujourd'hui, sa territorialisation est en panne. Le dialogue avec les élus reste difficile sur le terrain. Il faut espérer notamment, à travers le nouveau conseil économique, social et environnemental, que la société civile soit mieux entendue. Nous faisons le pari que notre participation est utile, mais nous restons vigilants. Thierry Salomon Président de l'association Negawatt En matière de maîtrise de l'énergie dans le bâtiment neuf, le Grenelle constitue une vraie révolution dans l'acte de bâtir. Et même si les derniers décrets comportent quelques chausse-trappes, rien ne sera plus comme avant. Mais le neuf, c'est 1 à 1,5 % du parc. Le grand chantier, c'est la rénovation. Et là, les avancées sont beaucoup trop timides, on est dans une politique de trop petits pas, il manque une impulsion forte, contrairement à d'autres pays comme l'Allemagne. Si on réduit les consommations de 300 kWh/m2/an à 150, ce sera bien le maximum, alors qu'il faudrait être à 80. On est donc en décalage complet avec l'objectif de -38 % de la consommation de l'ensemble du parc en 2020. Il est en de même pour les énergies renouvelables : les intentions sont louables, mais elles sont en train de voler en éclats. Christophe Aubel Directeur de la ligue Roc et pilote du pôle nature de FNE Il y a clairement un avant et un après Grenelle en matière de biodiversité. La mesure phare en est, bien sûr, la création de la trame verte et bleue. La loi de 1976 sur la protection de la nature était fondatrice de la politique des aires protégées. Les lois Grenelle le sont de la même manière pour la prise en compte de la nature dans l'aménagement du territoire. Les mesures correspondent globalement aux engagements pris. Je suis cependant inquiet, mais pas encore déçu, sur la question des financements. On ne peut mettre en oeuvre une telle mesure innovante et ambitieuse à financements constants. La création des agences de l'eau s'était accompagnée des flux financiers correspondants. Il faudrait par ailleurs mener un grand audit des mesures fiscales défavorables à la biodiversité. Roland Ries Président du Gart et sénateur-maire de Strasbourg Bien sûr, le Gart reconnaît les avancées dans les évolutions des compétences des autorités organisatrices de transport. Néanmoins, les deux lois ne donnent pas entière satisfaction : report de l'écotaxe sur les poids lourds, absence de majoration du versement transport pour les communes de moins de 100 000 habitants ou de ressource affectée pour les départements et les régions, sans oublier la dépénalisation-décentralisation du stationnement de surface. Le problème majeur du moment porte sur le financement du second appel à projets Transports collectifs en site propre issu du Grenelle 1. La participation de l'État ne devant pas excéder 500 millions d'euros, sur un total de plus de 6 milliards d'investissement pour les collectivités, ne permettra sans doute pas de financer l'ensemble de ces projets. Patrick Liébus Président confédéral de la Capeb Le Grenelle a été un véritable bol d'air pour les artisans. Dommage, sans la crise, la dynamique aurait été encore plus importante. Avec ces difficultés, les entreprises et les ménages qui envisagent des travaux d'amélioration thermique ont justement encore plus besoin d'être rassurés. Malgré le maintien de la TVA à 5,5 %, l'austérité budgétaire actuelle m'inquiète donc. Ces nouvelles mesures fiscales vont à l'encontre des ambitions du Grenelle. Jean-Michel Schaeffer Président des Jeunes Agriculteurs Pour les agriculteurs, le Grenelle, c'est surtout beaucoup de bureaucratie. Et, alors que les procédures administratives se multiplient, nous manquons d'outils de mise en oeuvre sur le terrain. Nous sommes par exemple confrontés à la disparition de certains phytosanitaires et à une forte augmentation des prix de ceux qui restent sur le marché sans aucune proposition alternative. Autre regret : la mise en avant excessive du bio alors que, pour nous, la priorité doit être donnée à l'agriculture locale. Nicolas Garnier Délégué général d'Amorce Dans les déchets, tout reste à faire ! Car parmi les 26 engagements du Grenelle, tout est en cours, mais rien n'est encore applicable, hormis la TGAP que les collectivités payent rubis sur l'ongle depuis trois ans. C'est regrettable, car le texte est très équilibré, avec des objectifs ambitieux et réalisables, et impliquant l'ensemble des acteurs de la chaîne : les collectivités, les consommateurs, les producteurs avec la création de nouvelles filières de collecte et de traitement des déchets (REP), la modulation de l'écocontribution... Il faut donc rendre opérationnelles ces mesures et, notamment, créer une taxe sur les produits générateurs de déchets non couverts par une REP. Stephen Kerckhove Délégué général d'Agir pour l'environnement Le Grenelle a eu au moins un effet positif, c'est la reconnaissance de l'expertise des associations qui n'ont plus à se battre pour faire admettre leur légitimité. Nous espérions aussi que cette négociation générale conduise à des lois thématiques et non à une loi illisible. Sans compter que pendant les trois ans de rédaction des textes, les lobbies ont bien travaillé. Pour preuve, l'abandon des outils fiscaux novateurs telles que la taxe poids lourds et la taxe carbone. Mais sur des sujets précis, rien n'est perdu. C'est à nous de mobiliser l'opinion comme nous le faisons à travers notre nouveau réseau Stop-autoroutes.


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