Avec ses 23 hectares, entre 12 et 18 m de hauteur de déchets en tout genre, 5 000 chiens errants, une petite centaine de chiffonniers, des lixiviats qui asphyxient la mangrove depuis une quarantaine d'années, des nuisances olfactives... Il était temps que la décharge de la Gabarre, près de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, soit réhabilitée. Le chantier confié à Séché Environnement a débuté mi-janvier. Initialement autorisée sur cinq hectares, cette décharge a ouvert en 1973, au beau milieu de la mangrove, alors considérée comme une zone à assainir. « Mais, dès 1979, des études ont montré l'importance de ce milieu saumâtre pour la reproduction des crustacés, des poissons et des oiseaux », explique Édouard Benito Espinal, conseiller technique du Sictom de la Guadeloupe, fraîchement retraité. Alors que les politiques tergiversent sur la mise en place d'une véritable filière de traitement des déchets ménagers, les tentatives de réhabilitation du site se succèdent. La dernière en date, confiée à Ikos Environnement, aboutit à la construction d'une digue en 2007 qui a permis à la mangrove de se régénérer partiellement. « Nous allons remodeler le dôme, l'étanchéifier, collecter et traiter les eaux de ruissellement ainsi que les lixiviats, récupérer le méthane pour le brûler et, enfin, végétaliser le site », résume Joël Séché, P-DG du groupe. Le tout avant le 1er août 2013, la décharge fermant le 31 décembre 2012. Un contrat de 21 millions d'euros HT pour Séché, qui signe ainsi son premier succès dans les Dom-Tom. Reste à trouver un exutoire aux 230 000 tonnes de déchets épandus chaque année à la Gabarre. Urbaser a bien remporté un appel d'offres pour la construction d'un centre multifilière, avec tri de la collecte sélective, compostage et incinération, mais ne parvient pas à boucler son financement. Or, l'activité aurait dû démarrer au premier trimestre 2010. Et depuis février 2011, la collectivité peut dénoncer le résultat de l'appel d'offres pour non-exécution du marché.