Jacques Brunet est satisfait. Le directeur du service de gestion des déchets à la communauté urbaine du Creusot-Montceau, en Saône-et-Loire (71), a réduit le coût de la collecte des déchets ménagers de 55 euros par habitant en 2008 à 40 euros en 2010. « Lors de mon arrivée, je me suis aperçu que les ratios en termes d'agents et de camions par habitant étaient élevés. » L'analyse menée en interne a notamment conduit à réorganiser les tournées, à réduire le nombre de flux de déchets collectés de quatre à deux et à créer des points de regroupement pour l'habitat dispersé.
Partout en France, si la poubelle a tendance à s'alléger, ce n'est pas le cas de la facture des déchets. Or, avec un objectif de recyclage des emballages ménagers à 75 %, les tonnages collectés devraient encore croître, induisant des tournées supplémentaires. Pourtant, les pistes pour optimiser les coûts existent. Et comme préalable à toute prise de décision, un bon diagnostic s'impose. « La première étape, c'est d'avoir une bonne connaissance du coût de revient du service », suggère Olivier Pasquier, chef de projet chez Inddigo, un cabinet de conseil et d'ingénierie en développement durable. Or, la comptabilité publique s'appuie sur un classement des charges et des produits par familles : salaires, frais de carburant, etc. Impossible, donc, de distinguer ce qui relève spécifiquement du service déchets. « Pour avoir une vision précise des différents coûts du service de collecte des déchets, le technicien doit isoler les données nécessaires ou mettre en place une comptabilité analytique », souligne Olivier Pasquier. La méthode e-coût d'Eco-Emballages, un logiciel basé sur Excel et s'appuyant sur des données techniques (nombre de bacs, de camions, etc.), est également utile pour estimer le coût du service. Cependant, elle est restreinte à la collecte sélective et n'intègre pas les recettes.
À l'inverse, la méthode Compta-Coût de l'Ademe, une matrice d'expression standardisée des coûts, tient compte de tous les flux et des recettes liées aux soutiens des éco-organismes et à la vente des matières secondaires. Elle distingue le coût complet et le coût dit aidé et permet la comparaison entre collectivités. En 2009, elles étaient 500 à l'utiliser, couvrant la moitié de la population française. Et elle sera fort utile lorsque les programmes de prévention de la production des déchets, qui nécessitent une comptabilité analytique, seront une obligation. D'ici là, elle n'est pas indispensable. « Ce qui compte, c'est de connaître le coût de la collecte par habitant, en fonction des tonnages collectés, y compris en déchèteries », explique Marc Cheverry, responsable du service prévention et gestion des déchets à l'Ademe.