Alors que la ministre de l'Écologie affichait aux Assises nationales des déchets, à Nantes, un bilan positif des engagements du Grenelle en matière de réduction des volumes et de recyclage, un rapport de la Cour des comptes sur le service public de gestion des déchets ménagers apportait un autre éclairage. Et illustrait avec les plans d'élimination des déchets ménagers la distance qui peut exister entre la loi et son application concrète. Certes ils couvrent tout le territoire, certes ils respectent parfaitement les textes en reprenant bien sagement les objectifs à respecter en termes de valorisation ou de prévention, mais... ils ne sont tout simplement pas mis en oeuvre. Ambitieux sur le papier, leurs engagements ne se traduisent, sur le terrain, ni en termes d'organisation ni d'équipements. « Peu opérationnels, mal suivis et insuffisamment évalués », le jugement de la Cour des comptes est sévère. Preuve s'il en fallait que l'étiquette « plan conforme » ne valide qu'une procédure sans vérification des moyens mobilisés pour sa concrétisation.
L'avertissement est d'autant plus salutaire que nous entrons de plain-pied dans l'ère de l'étiquette. Après l'électroménager, les voitures et les logements, les produits de construction et de décoration afficheront, dès le 1er janvier prochain, le niveau d'émission des polluants volatils. L'étiquette, obligatoire, indiquera aux consommateurs, par une note de A+ à C, le produit le moins nocif pour la qualité de l'air intérieur et donc pour leur santé. Si cette information monocritère a le triple mérite d'être simple, utile et compréhensible, l'affichage environnemental des produits de grande consommation, en cours d'expérimentation pour un an, s'avère autrement plus complexe. Non seulement il veut évaluer les impacts sur le climat, l'eau, l'air ou la biodiversité, tester différents supports, étiquette, ticket de caisse ou internet, et diverses traductions, par valeurs, notes ou couleurs... Un exercice de haute voltige pour les 168 industriels volontaires, les cabinets conseil qui les accompagnent et les consommateurs que nous sommes. Lire les étiquettes et surtout les comprendre va devenir un sport national. Vous préférez agir sur le CO2 ou la qualité de l'eau ? Il va falloir choisir. Les prochaines élections et les positions des têtes d'affiche sur le nucléaire peuvent servir de galop d'essai...