« Cette montagne de déchets est tout simplement un scandale sur les plans environnemental et sanitaire. » Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'Écologie, n'a pas mâché ses mots sur l'état dans lequel la société LGD a laissé son centre de transit destiné au broyage de déchets de chantier. Lors d'un déplacement sur le site à Limeil-Brévannes (94), la ministre a lancé le plan d'évacuation des quelque 150 000 m3 de déchets d'ici au printemps 2012. Pour ce faire, l'Ademe a sélectionné deux prestataires : la société GRS Valtech, filiale de Veolia Propreté, pour le tri et l'enlèvement, et la société Burgeap, pour le suivi des analyses de l'air et de l'eau. Dans un premier temps, l'urgence sera d'identifier et de quantifier les déchets. Au terme d'un test réalisé sur place pendant un mois, les opérateurs vont commencer à évacuer les déchets par camions et par barges fluviales vers deux sites de stockage et d'élimination. Une plateforme sera aménagée sur 5 000 m2 afin de trier les DIB (plastiques, pneus, gravats, palettes) et refroidir les déchets organiques en fermentation. Cette opération sera réalisée manuellement et mécaniquement. Au total, la facture s'élève à 14 millions d'euros, pris en charge par l'État qui compte bien en récupérer la moitié auprès de la cinquantaine d'entreprises clientes de LGD. Un arrêté de consignation de 9 millions d'euros a aussi été pris à l'encontre de cette société. Pour éviter que le scénario ne se répète, le ministère a annoncé trois mesures : l'obligation pour toutes les installations classées soumises à autorisation ou enregistrement, de constituer des garanties financières, l'extension de la traçabilité à certaines catégories de déchets non dangereux ou inertes (les deux décrets sont attendus au premier trimestre 2012) et, enfin, le renforcement des contrôles par les Dreal et des sanctions financières.