Certaines fonctionnalités de ce site reposent sur l’usage de cookies.
Les services de mesure d'audience sont nécessaires au fonctionnement du site en permettant sa bonne administration.
ACCEPTER TOUS LES COOKIES
LES COOKIES NÉCESSAIRES SEULEMENT
CONNEXION
Valider
Mot de passe oublié ?
RECYCLAGE

ÉPLUCHER ses coûts de collecte

LA RÉDACTION, LE 1er DÉCEMBRE 2011
Archiver cet article
Newsletters
Toute l'information de cette rubrique est dans : Environnement Magazine
Le 21 novembre était un grand jour pour Hubert Paire : le vice-président de l'agglomération du Grand Roanne voyait la mise en place de la nouvelle organisation de collecte (gérée en régie), fruit de plusieurs années de réflexion. À la clé : davantage de tri et des économies. Pour les habitants, le changement visible porte sur la modification des jours de collecte et la diminution des fréquences. Pour l'homme politique et les services techniques, ce n'est que la partie émergée de l'iceberg. En effet, tous les flux de déchets ont été passés à la loupe de la comptabilité analytique, à travers l'outil Compta-coûts de l'Ademe « Avec les études techniques de terrain, c'est un outil indispensable pour un pilotage fin », estime Nathalie Strivay, chef du service des déchets ménagers à Grand Roanne Agglomération. Tout d'abord, la collecte des ordures ménagères résiduelles (OMR). Une étude menée en novembre 2008 auprès d'un panel de 600 usagers a, en effet, montré une sous-utilisation du service, autant dans les zones en C3 (trois collectes par semaine) qu'en C2 (deux collectes hebdomadaires). Aussi, depuis novembre, la règle est de deux collectes au lieu de trois en zones d'habitat dense (33 % de la population), et une collecte au lieu de deux ailleurs, le tout, cinq jours par semaine au lieu de six. Ensuite, les élus se sont interrogés sur la collecte sélective des emballages (870 tonnes) et des papiers-journaux (1 860 tonnes) en apport volontaire. Afin d'améliorer les tonnages, l'agglomération envisage de ramasser les deux flux simultanément, en porte-à-porte. L'étude réalisée entre 2009 et 2010 estime, en effet, qu'un gain global de 700 tonnes par an est possible. Mais pour un surcoût annuel de 500 000 euros... Les élus ont finalement choisi de conserver la collecte en apport volontaire, largement financée par la vente du papier. À noter : le taux de recyclage de l'agglomération atteint déjà 37 %, soit au-dessus des 35 % visés par la loi Grenelle pour 2012. Ces choix débouchent sur des économies de 400 000 euros par an totalement réinvestis dans l'amélioration de la qualité du service : acquisition d'une grue supplémentaire, renforcement de l'équipe de nettoyage, étude pour l'agrandissement d'une déchèterie, provision pour amortissement de l'agrandissement de l'autre déchèterie, pour la construction d'un nouveau centre technique... « Ils nous permettent de ne pas augmenter la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, qui finance l'intégralité du service déchets, fixée à 8,65 %, donc légèrement inférieure à la moyenne nationale, de 8,75 % », assure Hubert Paire. Restait à revisiter la collecte des conteneurs d'apport volontaire. « Afin d'optimiser les tournées, les camions seront équipés de GPS et noteront le taux de remplissage des conteneurs. Début 2012, nous serons en mesure de faire une analyse de la fréquence d'utilisation du parc », explique Nathalie Strivay. Autre poste scruté : les cartons des commerçants. « Au fil des années, c'est devenu une collecte des encombrants. Nous avons travaillé avec les associations de commerçants et, désormais, nous ne collectons plus que des cartons pliés et rangés. Soit 300 tonnes, valorisables », souligne Hubert Paire. Enfin, une réflexion sur les déchèteries a été lancée. L'agglomération dispose de deux installations, pour 68 000 habitants, saturées. Un bureau d'études a donc été missionné pour étudier la faisabilité d'une troisième. Mais il s'est avéré plus judicieux d'agrandir une des deux existantes. Depuis cet été, une extension du site est réservée aux déchets verts et aux inertes. « Les déchets verts sont désormais broyés, ce qui réduit les rotations des camions vers la plateforme de compostage et donc le coût du transport », note Hubert Paire. Le prochain chantier portera sur la collecte des encombrants. « Ces 988 tonnes coûtent 264 500 euros, soit 257 euros la tonne. Entre 50 et 70 % sont des objets réutilisables, sans compter les déchets toxiques. Dans les deux cas, ils n'ont pas leur place dans les encombrants », poursuit le vice-président. Là aussi, l'analyse des coûts a été couplée à une étude pour estimer les conséquences de la suppression de cette collecte. Le marché de collecte et de tri, estimé à 230 000 euros, va donc être confié à une société coopérative d'intérêt collectif (SCIC) réunissant des associations - Emmaüs, Valorise, Envie. Les encombrants collectés à la demande auprès des particuliers et dans les déchèteries seront triés sur une plateforme commune. Les voies de valorisation seront multiples : par revente en l'état ou après transformation, par cession des matériaux après démantèlement. « L'objectif n'est pas de réduire le coût, mais de diminuer le volume de déchets et de créer des emplois en insertion », souligne Nathalie Strivay.


PARTAGER :
À LIRE ÉGALEMENT
Marché du recyclage : entre reprise et turbulences
Marché du recyclage : entre reprise et turbulences
À Rochefort-sur-Nenon, la cimenterie Eqiom valorise les déchets pour un ciment plus écoresponsable
À Rochefort-sur-Nenon, la cimenterie Eqiom valorise les déchets pour un ciment plus écoresponsable
Quand les eaux usées deviennent une matière première pour l’isolation des bâtiments
Quand les eaux usées deviennent une matière première pour l’isolation des bâtiments
Tribune | Acier recyclé : un géant endormi de la transition écologique
Tribune | Acier recyclé : un géant endormi de la transition écologique
TOUS LES ARTICLES RECYCLAGE
Les plus lus