Le contrat de délégation de service public entre le Sictom de la Guadeloupe et Valorgabar pour la construction et l'exploitation d'un centre de traitement multifi-lière des déchets ménagers de l'île, signé en 2007, a pris fin brutalement en juin dernier. La décision du Sictom a stupéfait la filiale d'Urbaser Environnement. « Cette annonce survient alors qu'une négocia tion était en cours. Une réunion était même prévue », souligne Bertrand Hyllaire, directeur commercial d'Urbaser Environnement. D'une capacité de 140 000 t/an, cet équipement, au budget initial de 180 millions d'euros, aurait dû démarrer cette année. « Mais seuls les travaux de ter ras sement ont eu lieu. Nous avons des doutes sérieux quant à la volonté d'Urbaser de réaliser ce projet », déplore Pierre Porlon, vice-président du Sictom. Au-delà de la question du retard lié à la réhabilitation de la décharge, le principal point de crispation concernait les conditions de financement. La tension est montée au sujet de « la signature d'un avenant tenant compte d'événements imprévisibles sur venus depuis 2007, notamment la crise des marchés financiers depuis 2008 », explique-t-on chez Valorgabar. Le budget actualisé est de 211 millions d'euros, « soit un montant inférieur à ce qu'il aurait été si le projet s'était déroulé dans les strictes conditions initiales du contrat, sans retard et avec les marges bancaires prévues », assure Urbaser, qui estime que « sans l'effort commercial », le budget serait de 223 millions d'euros. Cela n'a pas convaincu les élus de Guadeloupe.