Les acheteurs de ferrailles ne sont pas légion sur le continent en ce moment. Un opérateur du marché nous indique qu'il n'a pas de nouvelle de Riva et qu'ArcelorMittal, Duferco et les autres auraient tendance à se cacher. L'impression ressentie début août déjà avec la légère hausse des prix des ferrailles était que les choses n'allaient pas durer et que les prix allaient faiblir. « Ces hausses n'ont pas grand-chose à voir avec notre marché, constate un négociant. Pour raffermir les prix de l'acier il est toujours utile de prétexter l'augmentation des prix des matières premières, assurent les recycleurs. Si les Turcs ont fait des achats le mois dernier, les acquisitions se sont faites principalement aux États-Unis. Quelques cargaisons seulement ont été vendues. Les prix ont baissé dernièrement de 8 à 10 $/t pour la qualité 80 : 20. Des résistances sont observées du côté des vendeurs pour ne pas passer sous la barre des 400 $, mais d'ores et déjà un bateau au départ de Grande-Bretagne est signalé à 395 $/t et un autre au départ des États-Unis à 396 $/t.
Un marché pas catastrophique
Les prix aux États-Unis ont pratiqué une espèce de yo-yo sur le marché intérieur, mais l'on s'oriente vers un moins 10 et un moins 20 selon les régions et les qualités.
En Espagne, les cargaisons maritimes ont perdu une douzaine d'euros environ et les négociants ont dû attendre une quinzaine de jours avant que les prix ne soient fixés. « Le marché européen n'est pas catastrophique, nous confie un acteur du marché, nous sommes revenus aux prix pratiqués avant le petit raffermissement estival
Nous nous attendons en septembre à un rétrécissement des prix, poursuit-il, justifié s'il n'est pas important. Le marché décline un petit peu, on va même peut-être avoir un peu de mal à placer la marchandise.» Les prix des minerais et de coke ont fortement baissé, les hauts-fourneaux risquent donc d'enfourner moins de ferrailles en cette fin d'année. Le dernier trimestre est bien parti pour ressembler aux trois derniers mois 2011, les stocks des aciéries sont volontairement contraints, rappelons-nous que les financiers sont aux commandes. Les aciéristes turcs se retrouvent confrontés au problème de la concurrence chinoise qui propose des aciers au Moyen-Orient à des prix cassés.
Autre élément perturbateur sur le marché, le renchérissement de l'assurance-crédit. Un poste budgétaire très important en pourcentage de la valeur marchande. Certaines entreprises ne vont pas pouvoir suivre. Les temps invitent donc à la plus extrême prudence quant au choix de ses clients.