Pour assurer son approvisionnement en terres rares, Rhodia disposait déjà de partenariats stratégiques avec des entreprises minières. Le chimiste, récemment racheté par le belge Solvay, valorisait aussi différentes chutes de production. Avec son unité de recyclage inaugurée le 24 septembre 2012, il s’attaque désormais au gisement des équipements en fin de vie. « Nous avons fait le choix des lampes à économies d’énergie car elles sont composées de six terres rares (yttrium, terbium, europium, cérium, gadolinium, lanthane) et qu’il existe déjà un système de collecte », explique Frédéric Carencotte, directeur du projet. Jusqu’alors, les recycleurs valorisaient le verre et les métaux des lampes, mais faute de solution, 3 à 4 % de poudres luminescentes étaient destinées à être enfouies, selon des chiffres de Recylum. Ce minerai secondaire pourra dorénavant retrouver son état initial (avec un rendement d’environ 90 %). Rhodia a pour cela développé un procédé en deux étapes. Un condensé de terres rares est d’abord créé à partir de la poudre brute grâce à des techniques chimiques et pyrométallurgiques. Chacun des six éléments est ensuite isolé par extraction liquide-liquide. Avec des fournisseurs européens, américains et japonais, l’entreprise devrait extraire chaque année plusieurs centaines de tonnes de matière. Elle dispose de deux sites assurant chacun une partie du procédé, à Lyon et à La Rochelle. Une trentaine d’emplois ont été créés.OD