Lors de son congrès printanier sur le thème cette année de « l'écologie industrielle au sein des territoires », la Fnade a présenté sa vision à travers son plan déchet à mener en trois ans. Trois priorités, selon Michel Valache, président de la fédération, doivent être prises en compte : une réduction de 25 % des déchets enfouis (en 2013, les chiffres de la Fnade évoquent 25 millions de tonnes de déchets à éliminer, ce qui représente un peu plus de 6 millions de tonnes détournées) ; la création de 60 centres de tri ; l'émergence d'une nouvelle matière combustible. Pour la mise en œuvre du chantier, la Fnade pose également ses conditions. « Une réduction de la mise en décharge ne veut pas dire disparation et, dans ces circonstances, il est hors de question de renchérir sur les coûts de la TGAP. Contrairement à l'Allemagne et au Royaume-Uni, où la hausse drastique de la TGAP a entraîné un transfert de déchets à l'export, nous croyons en une approche réglementaire, qui favorisera le traitement sur notre territoire. » Patricia Blanc, représentante des pouvoirs publics, confirme que le volet fiscalité est en cours de discussion et que rien n'est encore tranché. La Fnade souhaite par ailleurs développer une soixantaine de centres de tri pour valoriser les déchets non enfouis, mais ne veut pas le faire toute seule. En d'autres termes, « nos entreprises doivent être soutenues par les pouvoirs publics. Les investissements ayant été évalués à 1,2 milliard d'euros ». Pour Michel Valache, les entreprises du déchet subissent de trop fortes fluctuations de prix sur les ventes de matières à recycler, ce qui réduit leur visibilité et par conséquent leur stratégie en matière d'investissement. Le président de la Fnade oublie pourtant que ce secteur a toujours été soumis à ce régime et la mise en place d'un prix fixe garanti sur des matières secondaires ne semble pas être à l'ordre du jour. On ne peut pas être à la fois pour le libre-échange (en justifiant les exportations de matières par le fait que sur le territoire, la demande et les prix ne sont pas à la hauteur) et s'opposer à ses règles. Enfin, Patricia Blanc a rappelé que pour redorer l'image du déchet au regard citoyen, il faudrait davantage revaloriser l'image de la profession plutôt que de rebaptiser le déchet en ressource : « Le déchet n'est pas une ressource comme les autres. Par sa composition ou son manque de traçabilité, toutes les précautions doivent être prises sur le plan réglementaire, environnemental et sanitaire pour gérer un déchet au moment de choisir son mode de traitement. »