Offre Silver (à partir de 20 € / mois)
Newsletters gratuites
Accès abonnés Nos offres magazines Nos offres magazines
Menu
VIDÉOS
EAU
RECYCLAGE
ÉNERGIE
TERRITOIRES
CLEANTECH
POLITIQUES
POLLUTIONS
BIODIVERSITÉ
MOBILITÉ

[Tribune] Les acteurs du reconditionné veulent « rétablir quelques vérités » face à l’appel des 1661 artistes

[Tribune] Les acteurs du reconditionné veulent « rétablir quelques vérités » face à l’appel des 1661 artistes
1661 artistes ont publié une tribune le 30 mai dans le JDD. Crédits : Adobe Stock
Par Benoit Varin, président de Rcube ; Jean Lionel Laccourreyre, président du SIRRMIET, le 2 juin 2021.
Newsletters gratuites
-------------------- PUBLICITÉ --------------------
Alors que le projet de taxation des smartphones reconditionnés sera débattu le 10 juin à l’Assemblée nationale, la fédération RCube et le Syndicat interprofessionnel du reconditionnement et de la régénération des matériels informatiques, électroniques et télécoms (SIRRMIET), répondent aux 1661 artistes signataires de la tribune parue dans les colonnes du Journal du dimanche. Pour ces professionnels du reconditionné, il ne s’agit en aucun cas « d’opposer culture et environnement ».  

En ouvrant le JDD ce matin, nous avons découvert la tribune « Ecologie ou exception culturelle : la question ne devrait pas se poser ! », signée par 1661 artistes, auteurs et acteurs de la culture. Si nous saluons cette initiative, nous souhaitons cependant rétablir quelques vérités que ce texte élude volontairement.

1 – « Les vendeurs de produits reconditionnés refusent de contribuer à ce système vertueux.  Leur argument est de dire : ’On est pour l’écologie, on favorise l’économie circulaire, on ne peut pas respecter en plus les règles européennes sur le droit d’auteur en participant au financement de la vie culturelle de notre pays.’ Il faut choisir : écologie ou culture. »

Nous ne cherchons en aucun cas à opposer culture et environnement, bien au contraire. Ils sont tout aussi vitaux pour l’avenir de notre pays. De plus, nous n’avons jamais tenu ce genre de propos. Il est totalement incorrect de présenter cette citation comme étant l’argument des reconditionneurs français. Il n’en n’est rien. Il est aussi inexact de nous faire dire que nous refusons de respecter le droit européen.

La rémunération pour copie privée ne s’applique pas aux supports reconditionnés aujourd’hui. Il n’y aurait donc pas de manque à gagner pour la culture et son financement, qui n’ont jamais reçu d’argent de la part de notre filière, puisque pour le moment seuls les appareils neufs sont assujettis à cette rémunération.

A notre connaissance, aucun reconditionneur européen n’a jamais payé la rémunération pour copie privée dans aucun des pays membres de l’Union Européenne. Soyons clairs : le débat actuel porte bien sur la création d’une nouvelle charge qui pèsera sur les reconditionneurs, pas sur une perte qui pourrait être subie par le secteur de la culture.

2 – « Qui mène la bataille en faveur de cette exemption ? Back Market, l’écrasant leader en France de la vente de produits électroniques reconditionnés qui capte 85% de ce marché »

Il nous apparaît nécessaire de faire une mise au point à ce sujet, car visiblement des raccourcis sont faits ici. Back Market ne doit pas être placé au centre de ce débat. Back Market n’est pas un reconditionneur, mais une place de marché qui ne sera pas touchée par la copie privée.

Ce ne sont pas eux que Copie France cherche à assujettir à la rémunération pour copie privée. Ceux qui la paieront, c’est nous : une filière française, composées de TPE-PME au modèle fragile. Back Market, en tant que partenaire, a simplement voulu nous aider à défendre notre filière en profitant de l’annonce d’une actualité forte liée à leur levée de fonds.

N’occultons pas le vrai débat en mélangeant tout.

3 – « Mais les smartphones reconditionnés représentent déjà près de 15 % des téléphones achetés en France. Toute notre économie a vocation à devenir green. Créer cette exception pour un secteur d’activité qui a vocation à devenir la norme, c’est condamner à terme un des piliers du financement de notre exception culturelle »

N’opposons pas culture et environnement : pour le moment, et bien que le marché des téléphones reconditionnés progresse (il représente 10% des ventes de téléphones, pas 15%), les revenus de la rémunération pour copie privée augmentent chaque année.

Ils sont passés de 260 millions en 2019 à 273 millions en 2020. Et ça, sans nous ! Or, nos entreprises sont encore fragiles et doivent être protégées pour sauvegarder nos emplois mais aussi l’environnement. Aujourd’hui, la mise en place de la copie privée serait mortifère pour le secteur.

Si la rémunération pour copie privée doit un jour baisser à cause de l’essor de la vente d’appareils reconditionnés au détriment du neuf, nous serons ravis de rouvrir les discussions à ce sujet.

4 – « Nous ne laisserons pas détruire un des piliers du financement de notre travail pour que les grandes plateformes du numérique accumulent plus de milliards au détriment du plus grand nombre. »

Comme nous le martelons depuis le début, il ne s’agit pas de « grandes plateformes du numérique » qui vont accumuler « plusieurs milliards », mais bien des TPE et PME françaises qui vont être mises à mal, voire pour certaines, qui vont mettre la clé sous la porte. Nous parlons de 2 500 emplois en jeu sur les 5 000 que nous représentons aujourd’hui.

Le risque est facile à comprendre avec un exemple : Sur la vente d’un Iphone 8 de 64 gigas, nous dégageons difficilement 18,33 euros de marge qui nous servent à payer nos charges, nos employés, notre matériel... Quand on connaît ces chiffres, on comprend aisément qu’une taxe de 14 euros nous entraînerait immédiatement vers la faillite.

Il faut par ailleurs être conscient que nous subissons une rude concurrence internationale. Face aux reconditionneurs asiatiques, très agressifs sur notre marché, nous ne pourrons jamais être compétitif si la rémunération pour copie privée nous est appliquée. Car même si l’argument écologique est de plus en plus important, c’est avant tout pour le prix que les consommateurs achètent des appareils reconditionnés.

Nous renouvelons notre appel à ne pas opposer culture et environnement, et restons ouverts à la discussion afin de trouver le meilleur compromis tant pour nous que pour le monde de la culture.
Toute l'information de cette rubrique est dans :
Environnement Magazine
Le magazine pour les acteurs et décideurs du développement durable et des métiers de l’environnement.
Découvrir
Acheter un numéro
[Vidéo] Mobula 8 : Le bateau dépollueur
Dernier numéro
Actu réglementaire
À lire également
Pau Béarn Pyrénées installe une « biofactory » pour la production de 10 énergies vertes
Pau Béarn Pyrénées installe une « biofactory » pour la production de 10 énergies vertes
C'est inédit ! La communauté d’agglomération Pau Béarn Pyrénées (Nouvelle-Aquitaine) s’engage avec un groupement mené par Suez dans la valorisation de ses eaux usées. A la clé, une « Biofactory » développant 10 ressources et énergies vertes.
L'État s'efforce de renforcer son industrie du recyclage
L'État s'efforce de renforcer son industrie du recyclage
Le gouvernement mise sur une nouvelle stratégie nationale pour accélérer le recyclage des matériaux avec une enveloppe de 370 millions d’euros.
À Tomra France, Damian Barnes développe le pôle recyclage du métal
À Tomra France, Damian Barnes développe le pôle recyclage du métal
Tomra Recycling France, spécialiste du tri et recyclage des déchets, renforce son équipe locale avec la nomination de Damian Barnes au poste de responsable commercial.
Actiplast et Paprec créeront un pôle PVC avec des compétences environnementales uniques en France
Actiplast et Paprec créeront un pôle PVC avec des compétences environnementales uniques en France
L’expert de la formulation PVC et la production de compounds vinyliques, Actiplast, rejoint le groupe Paprec spécialiste de recyclage des déchets.
Pierre Duponchel prend la présidence de Federec Textiles
Pierre Duponchel prend la présidence de Federec Textiles
La filière Textiles du syndicat professionnel des entreprises du recyclage Federec, a procédé au renouvellement de son conseil d’administration et de son bureau. 
CNIM O&M et Inova Operations rejoignent Paprec Energies
CNIM O&M et Inova Operations rejoignent Paprec Energies
Les équipes de la CNIM O&M et d'Inova Operations rejoignent officiellement le pôle Paprec Energies du groupe. Celui-ci comptera 24 usines de valorisation énergétique et 5 unités de valorisation organique.
Les sciences du comportement au secours de la réduction des déchets
Les sciences du comportement au secours de la réduction des déchets
Le bailleur social Paris Habitat a décidé de s'appuyer sur un dispositif innovant basé sur les sciences comportementales pour inciter ses locataires à réduire leurs déchets. Une première initiative avait déjà permis de réduire de 8 à 15 % leur consommation d'électricité.
Tous les articles RECYCLAGE & RÉCUPÉRATION
Environnement Magazine est un site du Groupe Cayola.