En novembre dernier, cinq structures professionnelles agricoles bretonnes (FRSEA Bretagne, JA Bretagne, UGPVB, Coop de France Ouest et la chambre régionale d'agriculture) ont créé le Comité agriculture positive ( CAP) Bretagne pour se fédérer autour du dossier des algues vertes. Leur objectif : être une force de propositions sur le chapitre agricole du plan d'action gouvernemental contre les algues vertes, qui devait être présenté courant janvier. Sur les deux zones expérimentales retenues par le gouvernement dans les Côtes-d'Armor, CAP Bretagne envisage la mise en oeuvre d'un plan de mesures préventives accompagnée du ramassage des algues en mer. Sur le bassin de Lannion (8 000 ha de surface agricole utile et 12 communes), il favorisera, par le biais de fermes pilotes, le développement d'un territoire plus herbager. Dans la baie de Saint-Brieuc (65 000 ha et 64 communes), les agriculteurs envisagent plutôt une nouvelle gestion de l'azote via la création de 25 méthanisateurs, la conversion des terres les plus polluées par les nitrates (5 000 ha) en culture de fauche et la généralisation des mesures du reliquat d'azote présent dans les sols avec des objectifs de résultat sur trois ans. « Globalement, nous avons chiffré ces mesures à près de 60 millions d'euros. C'est une marche à suivre très ambitieuse, avec un temps de réponse que nous estimons à près de dix ans, et nous espérons que le gouvernement entendra la voie de la profession agricole », souligne Danielle Even, porte-parole de CAP Bretagne.