Depuis quelques semaines, l'usine Coved de compostage d'Aspach-le-Haut ne traite plus que les biodéchets de la collecte sélective de son territoire haut-rhinois d'intervention, le « secteur 4 », comptant 160 000 habitants. « Nous allons de la sorte au bout de la logique enclenchée en décembre 2008 », indique Didier Violette, président du Syndicat mixte du secteur ( SM4), qui a renoncé à un projet d'incinérateur à 65 millions d'euros et parié sur la diminution des tonnages d'ordures ménagères résiduelles à un niveau permettant leur répartition entre trois usines d'incinération voisines. Le SM4 avance sur ce chemin vertueux. Grâce au meilleur tri et aux premières collectes de biodéchets, les ordures ménagères résiduelles ont diminué au point que l'usine n'en a traité que 15 000 tonnes l'an dernier. Ces quantités, encore appelées à diminuer, partent désormais en incinération. À la place, le site composte des biodéchets. Avec cette nouvelle ressource, il compte retrouver rapidement son volume de production, ce qui requiert deux conditions : la généralisation du tri sélectif des biodéchets au sein du SM4 et une collecte par habitant qui reste égale aux bonnes performances des pionniers de ce secteur. Pour l'heure, trois communautés de communes ont instauré cette collecte dans des sacs offerts par le conseil général. Cinq autres vont les rejoindre d'ici à la fin de l'année, ce qui couvrira plus de 110 000 habitants, soit plus des deux tiers de la population du secteur. Le changement de la matière collectée n'a requis que des modifications limitées de procédé. Il en sort deux produits normés NFU 44-051 (épandage agricole) et labellisés Ecolabel en 2010 : le brut, gratuit, le « surfin » après affinage, vendu 1 euro le sac de 25 kg pour le jardinage.