Journal des Communes : Depuis la crise financière sans précédent que nous avons connue, avez-vous noté une évolution des attentes de vos adhérents et, si tel est le cas, quelles mesures nouvelles ont été mises en place ?
Eric Marazanoff : La crise n'épargne pas nos collègues territoriaux. La pression actuelle sur les finances locales, la volonté affichée de geler les dotations de l'État aux collectivités, sont autant de sources d'inquiétudes et d'angoisses sur les conditions concrètes d'exercice du travail et des missions du service public. Nul doute que la santé des territoriaux en subira les conséquences.
Pour notre part, nous essayons de développer des réponses toujours plus solidaires et un accompagnement au quotidien de nos adhérents confrontés à la maladie ou à celle d'un de leur proche. C'est le sens de notre participation au programme « Priorité Santé Mutualiste » qui propose une orientation dans le système de santé et des actions de prévention sur différentes thématiques comme la santé visuelle ou les maladies cardio-vasculaires.
Avec la crise nous sommes aussi de plus en plus confrontés à des situations de surendettement de nos adhérents. C'est pourquoi nous avons mis en place avec le Crédit municipal de Paris des dispositifs de financement en lien avec notre pôle social.
JdC : Lors de son Assemblée générale de juin 2010, la MNFCT a confirmé son engagement dans le développement d'une culture de santé au travail dans les collectivités et établissements publics locaux. Comment cela est-il mis concrètement en oeuvre ?
E.M. : Nous organisons de nombreuses initiatives de sensibilisation sur des thèmes aussi divers que les risques psychosociaux, ou les conséquences sur la santé du vieillissement au travail. Nous sommes également intervenus dans plusieurs collectivités pour mettre en place des actions sur la question des addictions sur le lieu de travail.
Nous regrettons toutefois que cette question de la santé au travail soit encore trop peu prise en compte dans les politiques de ressources humaines des collectivités. Nous espérons que le protocole d'accord signé à la fin de l'année 2009 permettra de faire évoluer les choses.
Nous concernant, un des enjeux auxquels nous allons être confrontés dans la prochaine période est celle de l'intégration des questions de santé au travail dans les contrats collectifs de prévoyance. Cette question nous devrons la traiter avec l'ensemble des partenaires sociaux et les employeurs publics.