Les élus locaux sont inquiets. En effet, l'année 2010 reste marquée par une actualité difficile pour les collectivités locales, dominée par les réformes financières et institutionnelles. Les évolutions en cours ont fait naître des interrogations et, autant le dire, des inquiétudes quant à l'avenir des communes et des intercommunalités. Ce n'est donc pas un hasard si le thème retenu pour cette 93e édition se résume en une interrogation : « Demain, quel rôle et quels moyens pour les communes et leurs intercommunalités ? »
Quelles seront leurs véritables compétences demain ? Comment pourront-elles continuer à mettre en oeuvre leurs projets ? Comment pourront-elles mener des actions communes, entre elles, mais aussi avec les départements et les régions ? Que vont devenir leurs ressources financières ? Pourront-elles en maintenir le niveau actuel ? Quelle sera la part de l'impôt local et des dotations de l'État ? On le voit, les interrogations sont nombreuses mais, il faut bien le dire, à la hauteur des inquiétudes suscitées par les réformes en cours.
En première ligne sur de nombreux sujets (cohésion sociale, emploi, services publics), les maires doivent élaborer des projets dans un environnement marqué par des mutations rapides aussi bien économiques, sociales, environnementales que démographiques.
Toutes ces questions seront à l'ordre du jour du 93e Congrès des Maires, dans le cadre de débats en auditorium et d'ateliers auxquels participeront des personnalités de premier plan et une centaine d'intervenants. Comme chaque année, le Congrès des Maires sera l'occasion pour tous les élus territoriaux de s'informer, d'échanger et de porter leurs préoccupations, leurs interrogations et leurs revendications.
Les conseils généraux en colère... aussi
A l'issue du 80e Congrès de l'Assemblée des départements de France qui s'est tenu à Avignon, les 20 et 21 octobre derniers, les présidentes et présidents de Conseils généraux ont adopté à l'unanimité une résolution finale qui met en exergue la situation financière très problématique des départements. « La situation financière des départements est grave, elle l'est plus encore dans les départements d'Outre-mer où l'accroissement de la population s'accompagne d'une demande sociale forte et où les bases fiscales sont plus faibles qu'en métropole. C'est cette question du financement des trois allocations qui est déterminante. Les départements ne peuvent accepter de diminuer l'investissement public local pour assurer la solidarité nationale. Face à ces réalités, les départements ont déjà tous mis en place des mesures de rigueur. Ils n'ont plus maintenant aucune marge. Aujourd'hui, l'urgence est de trouver des remèdes durables. (...) Dans ces conditions, les présidentes et présidents de Conseils généraux demandent l'ouverture de véritables négociations avec le gouvernement sur le financement des trois allocations de solidarité nationale. »
Et quand on sait que nombre de conseillers généraux sont aussi maires...