Pari gagné pour la ville de Grenoble ! En 2008, la municipalité décide de réaliser une exposition et d'éditer un ouvrage sur les métiers des agents de la ville. « L'idée première était de valoriser les agents municipaux, leurs savoirs et leur savoir-faire. Nous voulions que chacun puisse apprécier l'étendue et la variété des métiers et des secteurs d'activités que Grenoble et ses 4 000 agents couvrent - soit plus de 250 métiers, selon le recensement fait dans le cadre de l'élaboration du document unique lié aux risques professionnels », explique Didier Chaix, responsable de la communication interne.
En 2008 et 2009, plus d'une centaine de portraits d'agents sont réalisés par le photographe de la ville. « Cannes avait réalisé quelque chose de similaire avec des photos noir et blanc. Nous avons opté pour la couleur et ajouté deux autres éléments : une « définition » succincte du métier ou de la fonction et un témoignage de l'agent sur son métier. »
Autre exigence de la municipalité : faire des photos qui « parlent » d'elles-mêmes, chaque métier devant pouvoir être identifié d'emblée. Un objectif relativement simple à atteindre pour les métiers techniques, mais plus difficile pour les métiers administratifs. « Pour ce faire, nous avons élaboré des mises en situation, en jouant notamment sur l'environnement, les décors, les détails qui permettaient d'apporter un plus, une « distinction visuelle signifiante » entre des métiers - notamment administratifs - souvent proches les uns des autres du point de vue visuel. »
Édité à 2 000 exemplaires, l'ouvrage a été bien perçu par les agents. Idem pour l'exposition photo. D'abord présentée en interne, elle a également été utilisée partiellement en externe. Panneaux et diaporama ont ainsi été mis à disposition du CNFPT et de la Maison pour l'Emploi. Ils ont également été utilisés lors d'un forum pour l'emploi destiné aux lycéens et étudiants.
Un vrai sentiment de fierté
Expérience similaire, à plus petite échelle, réalisée par l'Office public d'Habitat d'Arcueil-Gentilly. « Nous avons réalisé des portraits de gardiens d'immeubles, en partenariat avec d'autres structures (villes, Conseil général et association), à l'occasion d'un festival dénommé « ethni'cité », explique Karine Pardieu, chargée de communication. « Comme nous soutenons le festival depuis huit ans, le projet a été d'emblée plébiscité par la direction. »
Une exposition unique pour remplir des objectifs multiples. « Nous voulions montrer la diversité des parcours et des origines de chacun de nos gardiens. Mais nous souhaitions aussi donner à voir les personnes derrière les tenues de travail, afin de mieux les faire connaître et montrer qui ils sont réellement. Autre but : instaurer un nouveau rapport à l'individu entre les locataires et les gardiens, afin de sortir des échanges classiques qui reposent avant tout sur les demandes et les réclamations. Notre dernier objectif consistait enfin à favoriser la création de liens en interne, les «administratifs» ayant rarement, dans leur grande majorité, l'occasion de rencontrer le personnel de terrain. »
L'initiative du service communication, lancée sur la base du volontariat, a d'abord surpris les personnels. Sur 40 gardiens, 18 ont accepté de participer à l'opération. Un photographe et un journaliste ont rencontré et suivi chacun des volontaires durant une journée. « Tous ont joué le jeu, proposant un vrai partage, plus ou moins intimiste, selon la volonté de chacun. La photo présente le gardien mis en scène sur son « secteur » : chaque cliché allie travail graphique et symbolique. Le texte se concentre sur le rapport à l'autre, l'amour du métier, les chemins de vie. Résultat : une exposition très réussie, qui a beaucoup plu à ceux qui l'ont vue. Aujourd'hui, les gardiens qui n'ont participé à l'opération le regrettent... ! Et l'on ressent beaucoup de fierté chez ceux qui sont photographiés, fierté qui transparaît dans les photos ! »