La France s'est dotée d'une politique de l'eau ambitieuse. Et pour parvenir aux objectifs dictés par la directive-cadre sur l'eau et le Grenelle de l'environnement, l'implication des collectivités y est essentielle. La nouvelle campagne d'information nationale des agences de l'eau, intitulée « changeons de point de vue sur l'eau ! » se présente comme une piqûre de rappel. Protection des aires de captages d'eau potable, gestion des cours d'eau... les responsabilités des élus sont multiples, et les échéances de résultats proches. Mais les projets traînent en longueur. À l'image des services publics d'assainissement non collectif (Spanc), où les collectivités doivent avoir réalisé un premier contrôle des fosses septiques de leurs administrés avant fin 2012, alors qu'à ce jour seuls 4000 services ont été créés contre les 6000 attendus. Pourquoi les collectivités accusent tant de retard ? Fin 2006, la loi sur l'eau imposait une réduction drastique du champ d'intervention des Syndicats d'assistance technique pour l'épuration et le suivi des eaux (Satese). Depuis 2008, l'État se désengage progressivement des missions d'ingénierie publique en se reportant sur les collectivités rurales. Même les missions d'assistance technique de l'État, les Atesat, ne sont plus fonctionnelles dans certains départements alors que ces services sont censés continuer à exercer après 2012. Les collectivités rurales n'ont plus d'autre choix que de faire appel à des bureaux d'études privés, qu'elles jugent souvent trop cher. Parfois, c'est même le privé qui boude les appels d'offre du fait d'un volume financier trop faible. Se pose en outre le problème des financements. Dans sa campagne d'information, les agences de l'eau rappellent aux élus locaux les possibilités d'accompagnement disponibles. Les aides financières ne peuvent cependant pas toujours remplacer le manque de moyens humains !