Cons. const., 25 avril 2014, Commune de Thonon-les-Bains et autre
Saisi par le Conseil d'Etat d'une question prioritaire de constitutionnalité posée par les communes de Thonon-les-Bains et de Saint-Ail, le Conseil constitutionnel a jugé que l'article L. 5210-1-2 du Code général des collectivités territoriales (CGCT) porte à la libre administration des communes une atteinte manifestement disproportionnée.
Cet article est relatif au rattachement à un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre des communes isolées ou en situation d'enclave ou de discontinuité territoriale. Il prévoit qu'il est procédé à ce rattachement par arrêté préfectoral, après accord de l'organe délibérant de cet établissement public et avis de la commission départementale de la coopération intercommunale (CDCI) ainsi que, le cas échéant, du comité de massif. Seul un vote de la CDCI, à la majorité des deux tiers de ses membres, en faveur d'un autre projet de rattachement à un EPCI à fiscalité propre limitrophe de la commune concernée permet de s'opposer au projet et d'imposer au préfet de mettre en œuvre un projet de rattachement alternatif.
Le Conseil constitutionnel a relevé que l'article L. 52101-2 du CGCT ne prévoit aucune prise en compte du schéma départemental de coopération intercommunale préalablement établi pour décider du rattachement d'une commune à un EPCI. Seul un avis négatif de l'organe délibérant de l'établissement public auquel le rattachement est envisagé impose de suivre une proposition émise à la majorité qualifiée par la CDCI. En outre, il n'est prévu aucune consultation des conseils municipaux des communes intéressées et, en particulier, du conseil municipal de la commune dont le rattachement est envisagé.