Vingt ans après l’explosion du quatrième réacteur de la centrale nucléaire ukrainienne, la question de l’opacité de la gestion de l’événement par l’Agence internationale de l’énergie atomique, la communauté internationale, et certains gouvernements refait surface. Au-delà des victimes immédiates de la catastrophe parmi les 500000 à 800000 héroïques « liquidateurs », mobilisés pour confiner la radioactivité, se pose le problème de l’évaluation des conséquences à long terme de l’accident sur les populations ukrainiennes, russes, ou belarusses. Mais aussi en France : grâce au travail de la Criirad, la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité, les cartes de radioactivité officielles, et notamment les dernières en date produites en septembre par l’IRSN, ont fini par refléter la réalité des niveaux de contamination dus au passage du nuage radioactif. Ils ont été sous-évalués, selon la Criirad, d’un facteur cent à mille en mai 1986 par le Service central de protection contre les rayonnements ionisants, dirigé par le célèbre Pierre Pellerin. Des données volontairement occultées, estime la Criirad : rappelons que l’association a déposé plainte contre X pour défaut de protection des populations en 2001, dossier instruit par la juge Marie-Odile Bertella-Geffroy. En France, les prochaines retombées de la catastrophe pourraient donc être judiciaires.Jean-Philippe Bondy
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