Entre 10 et 20 % d'économie de consommation. C'est ce que permettrait l'individualisation des frais de chauffage dans les 5 millions de logements chauffés collectivement en France, selon les résultats d'une étude du Costic1 épaulé par l'Ademe. L'enquête, technique et sociologique, a été menée sur cinq sites aux caractéristiques différentes, à Paris, Pantin (93) et Reims (51). Les radiateurs de ces logements ont été équipés de répartiteurs électroniques et une partie de la facture indexée sur les consommations ainsi mesurées. Conclusion : les habitants ont positivement perçu la pratique. Un sur trois a modifié son comportement, en tout cas quand les robinets des radiateurs fonctionnaient correctement. Le taux d'équipement français reste cependant ridicule face à celui de nos voisins (10 % contre 85 % en Allemagne ou 80 % en Autriche et au Danemark). Et pourtant, le comptage individuel est obligatoire dans l'habitat collectif depuis plus de trente ans ! L'article 4 de la loi du 29 octobre 1974 l'impose en effet, mais seulement « quand la technique le permet » et sans prévoir ni sanction, ni incitation. Quatre sociétés proposent aujourd'hui la prestation en France. La situation pourrait toutefois évoluer. « Les économies sont avérées, le seuil de rentabilité a été abaissé (3 euros par mètre carré et par an, NDLR) et les techniques et services associés se sont modernisés. En outre, l'individualisation est désormais2 éligible aux certificats blancs. Propriétaires, locataires, bailleurs, gestionnaires et syndics, distributeurs d'énergie, tout le monde doit agir », appelle Jean-Louis Plazy, directeur adjoint air, bruit et efficacité énergétique à l'Ademe. Premiers concernés, les syndics, qui se montrent selon le Costic, « peu motivés », percevant cette pratique comme une contrainte supplémentaire à gérer.