Paris vient de transmettre à Bruxelles sa première évaluation de l'état de conservation des espèces et des habitats d'intérêt communautaire. Cette étude constitue un des volets du bilan de l'application de la directive Habitats, que chaque État doit réaliser tous les six ans. Globalement, près des deux tiers des 132 habitats et 291 espèces étudiées entre 2006 et 2007 sont classés en état « défavorable ». Les habitats rocheux et forestiers ainsi que ceux de landes et fourrés s'en sortent le mieux. Les habitats aquatiques, côtiers et humides souffrent eux d'une perte de surface et de fonctionnements dégradés. Même tendance générale du côté des espèces : toutes celles évoluant en milieu aquatique sont en régression tandis que mammifères terrestres, reptiles et insectes affichent globalement un bon bulletin de santé. Parmi les grands prédateurs, le loup se porte plutôt bien alors que les perspectives sont bien moins réjouissantes pour l'ours... « La méthodologie européenne utilisée est très exigeante. Il suffit qu'un seul des paramètres étudiés soit mauvais pour que l'état général de l'espèce ou de l'habitat en question soit jugé défavorable », tempère-t-on cependant à la Direction de la nature et des paysages (DNP), avenue de Ségur. Rappelons en outre que la directive Habitats concerne des espèces ou milieux rares ou en danger. La Commission prévoit la publication d'une synthèse européenne l'an prochain.