1 Vous avez remis au gouvernement un rapport sur les antennes relais. Quel bilan en tirez-vous ?
Mettre autour d'une même table élus, services de l'État, associations et opérateurs de téléphonie était une première. Le dialogue fut tendu, mais, en deux ans, avec un budget d'un million d'euros, on est parvenu à un consensus et à mener des essais inédits en Europe. Dans un double but : trouver une méthode de concertation et d'information qui soit utile dans le cadre d'un projet d'implantation d'antenne, et évaluer la faisabilité d'un abaissement de l'exposition aux radiofréquences émises. Le premier volet est bouclé. Il a donné lieu à des études menées par des commissaires enquêteurs dans neuf villes pilotes, dont Lille et Bayonne. Et mis en évidence le besoin d'outils : fiches pédagogiques, cahiers d'acteurs, instances de concertation... Cette boîte à outils est prête, libre aux acteurs locaux de piocher dedans.
2 Quels résultats donne le second volet de travail du groupe ?
À partir d'une méthodologie de mesure développée pour l'occasion, il a permis de dresser un état des lieux de l'exposition aux radiofréquences liées aux antennes relais dans neuf quartiers urbains. Il montre que 95 % des niveaux d'exposition y sont inférieurs à 1,5 volt par mètre (V/m), alors que la valeur limite réglementaire est de 41 V/m. Sur certains points dits « atypiques », l'exposition est plus élevée. D'ici à la fin de l'année prochaine, on recommande que ces points soient recensés et qu'un guide soit publié pour les identifier.
3 Faut-il ou non réduire la puissance des antennes relais ?
C'est en tout cas possible si l'on prend garde à ce que cette réduction n'entraîne pas une dégradation de la couverture ou de la qualité de service. Je penche pour cette voie de la sobriété. Grâce à un logiciel développé avec le CSTB, on a pu simuler l'impact d'une telle réduction dans trois quartiers. D'autres tests seront effectués sur le terrain. La puissance de plusieurs antennes sera réduite, mais sur une seule et même fréquence, pour ne pas perturber le réseau. Un comité technique piloté par l'Agence nationale des fréquences suit désormais ces travaux, qui feront l'objet d'un nouveau rapport en 2012.