POUR
Bruno Genty,
président de France Nature Environnement
Ce décret est une avancée et la traduction d'un engagement du Grenelle de l'environnement visant à mieux structurer le dialogue environnemental. Concernant la représentativité des associations dans les commissions nationales, il met de l'ordre là où régnait l'aléatoire puisque leur participation relevait du bon vouloir des pouvoirs publics. Or, pour que le dialogue soit efficace, il faut que les associations les plus représentatives y aient une place fixe. Ce décret a révolté certaines associations. Mais ce n'est que tempête dans un verre d'eau car cela ne concerne qu'une dizaine de commissions, où nous sommes déjà très nombreux autour de la table. Il est à parfaire sur le volet des conditions de délivrance de l'agrément, mais il a du bon quand il précise qu'une association ne doit pas dépendre d'un seul donateur. Enfin, en stimulant les regroupements, il devrait aider le milieu associatif à sortir de son extrême segmentation, qui réduit la portée de sa voix.
CONTRE
Pierre-Jean Delahousse,
président de l'association Paysages de France
Publié en catimini cet été, ce décret a été élaboré sans consultation. Il pose le problème de la représentativité, mais on ne voit pas pourquoi il faudrait en faire la preuve alors que nous sommes reconnus de longue date pour notre expertise et nos actions. Le plus choquant est qu'il prévoit la possibilité de rejeter arbitrairement les demandes d'agrément provenant d'associations qui ne comptent pas suffisamment d'adhérents. Il y a là une volonté manifeste de mettre au pas les associations militantes. On a fait condamner l'État une cinquantaine de fois sur des affaires environnementales et, rien que ces dernières semaines, on a déposé quatre requêtes en préfecture. De fait, doit-on en déduire qu'il va être délicat de décrocher un agrément auprès de ces mêmes services de l'État ? On en fera tout de même la demande et, si on ne l'obtient pas, on poursuivra malgré tout notre action.