Les industriels de la chimie peuvent souffler. Cinq ans après l'entrée en vigueur du règlement européen Reach, sa révision ne se fera qu'a minima. « L'utilisation de produits chimiques en Europe est devenue nettement plus sûre. […] Les entreprises ont jusqu'ici enregistré 30 601 dossiers décrivant les utilisations et les propriétés de 7 884 substances. […] Même si certaines adaptations sont nécessaires, aucune révision de grande ampleur n'est requise », soupèse ainsi le rapport de la Commission. Celui-ci pointe quelques leviers d'amélioration, comme l'utilisation accrue des fiches de données de sécurité afin de consolider les dossiers d'enregistrement ou la réduction des coûts pour les PME. « Nous sommes rassurés. L'industrie a un besoin crucial de stabilité. Mais la réduction des redevances annoncée pour les PME n'aura qu'un faible impact. C'est surtout la constitution des dossiers qui coûtent cher, pas les frais d'enregistrement », relativise Sonia Benacquista, responsable management des produits de l'Union des industries chimiques (UIC). Le Bureau européen de l'environnement utilise, de son côté, la formule « Trop court, trop tard ! » pour qualifier ce rapport publié avec huit mois de retard. « La Commission a décidé de mesurer l'efficacité de l'action de l'Agence européenne des produits chi miques (Echa) au nombre de documents brassés, plutôt qu'à celui de substances dangereuses retirées du marché », s'inquiète l'ONG, qui voit là une occasion manquée d'augmenter les exigences de l'enregistrement ou d'intégrer de façon adéquate les nanomatériaux dans le règlement.