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Garde-moniteur, la nature à cœur

LA RÉDACTION, LE 1er AVRIL 2013
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Garde, pour ses fonctions de police de l'environnement, moniteur, pour celles d'animateur-nature. Le garde-moniteur doit jongler entre ces deux casquettes, en plus de nombreuses autres : veille écologique, entretien des sentiers, dé ve-lop pement local… « Il n'est pas évident de concilier nos fonctions de police judiciaire et celles de développement local. Nous pouvons avoir affaire aux mêmes personnes », témoigne Chloé Tardivet, chef du secteur de Modane au parc national de la Vanoise. Les gardes-moniteurs sont des agents de la fonction publique de catégorie B ou C, les premiers assumant la fonction de chef de secteur. « Le travail de base est le même. Nous avons tous vocation à être sur le terrain, même si l'encadrement ne me laisse que 20 à 30 % de mon temps pour l'écoute nocturne du grand-duc », illustre cette technicienne, forestière de formation, arrivée en Vanoise, voilà cinq ans. Les gardes-moniteurs sont des passionnés que la solitude, la fatigue physique ou les horaires décalés n'effraient pas plus que le travail en équipe ou le contact, parfois rude, avec les populations locales. Pour un petit salaire (autour de 1 500 euros nets en début de carrière), ils peuvent consacrer leur week-end à la police de la chasse, gravir les sommets à l'aube pour une mission scientifique ou, comme dans le parc de Port-Cros partagé entre terre et mer, recenser et baguer les puffins la nuit sur les falaises où ils viennent nicher durant la reproduction… « Sur cette île, nous sommes obligés d'être polyvalents. Nous entretenons nous-mêmes nos bateaux, nos bâtiments, les toilettes publiques… Pas une journée ne se ressemble. Nous calons notre programme de travail sur la météo, le rythme des espèces, mais aussi celui des visites scolaires et des touristes. L'été, nos missions sont bouleversées par un afflux de vacanciers que nous jugeons trop massif », témoigne Nathalie Bigeard, garde-monitrice de catégorie C à Port-Cros depuis 2010. Relativement préservé au cours de son premier demi-siècle d'existence, le monde feutré des parcs nationaux a récemment essuyé quelques vagues : zones d'exclusion du loup demandées par le parc des Cévennes, opposition de nombreux élus locaux de la Vanoise au projet de charte imposée par la réforme de 2006 et grève d'un personnel inquiet pour son avenir. « Nous commençons à être obligés de faire le tri entre nos différentes missions pour nous consacrer à l'essentiel. Les agents de catégorie C ont peur d'être remplacés par du personnel en contrat saisonnier de très courte durée qui n'aurait pas notre connaissance approfondie du terrain », illustre Nathalie Bigeard. l


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