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Le plan gouvernemental de rénovation énergétique peine à convaincre le monde associatif

Par E.G. Publié le 27 avril 2018.
Le plan gouvernemental de rénovation énergétique peine à convaincre le monde associatif
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Jeudi 26 avril, les ministres de la transition écologique et de la cohésion des territoires, Nicolas Hulot et Jacques Mézard, ont présenté la version définitive du plan gouvernemental de rénovation énergétique, après plus de trois mois de concertation. Pour les associations et organismes de l’initiative Rénovons!, ce plan n’est pas assez ambitieux.

Ce plan « reste insuffisamment ambitieux pour prétendre rénover les logements "passoires énergétiques" à l’horizon 2025 », estime l’initiative Rénovons!, alliance qui réunit des associations et organismes de la société civile engagés pour la rénovation énergétique tels que la Fondation Abbé Pierre, le Cler – réseau pour transition énergétique, le Réseau action climat ou encore la Fondation Schneider Electric.

« Pas de financement supplémentaire d’envergure »

Selon Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, « l’ambition affichée par le président candidat concernant l’éradication des passoires thermiques s’est évaporée durant l’année écoulée. Le plan est très insuffisant au regard de la situation de précarité énergétique que vivent de nombreux ménages, nous n’y voyons pas d’engagement politique fort, ni la mise en synergie des moyens indispensables à la rénovation énergétique des logements ». L’alliance estime par ailleurs qu’aucun « financement supplémentaire d’envergure » n’est prévu dans la version définitive du plan. « Le volume des aides et facilitation de financement est d’environ 15 milliards d’euros sur cinq ans pour le logement privé. Ce volume étant le même que lors du quinquennat précédent des résultats similaires sont d’ores et déjà prévisibles ». Plus précisément, le plan prévoit un investissement de 1,2 milliard d’euros sur cinq ans pour l’Anah, 3 milliards d’euros pour le logement social et la rénovation de 500.000 logements, 4,8 milliards d’euros pour les bâtiments publics, 5 milliards d’euros sur trois ans pour la réalisation des travaux des certificats d’économies d’énergie (CEE) et 200 millions d’euros sur trois ans pour l’innovation, la formation et la solidarité via les CEE.

Les locataires oubliés

De plus, l’initiative Rénovons! souligne que « peu de choses sont dites sur les programmes de repérage et d’accompagnement, de leur pérennité et de leur développement à la hauteur des besoins ». Enfin, le groupement d’associations remarque que les locataires, pourtant « principales victimes de la précarité énergétique », sont oubliés de ce plan : « les propriétaires qui louent des passoires énergétiques doivent savoir que cela a des conséquences dramatiques sur la santé et la situation économique des familles. Le gouvernement doit indiquer clairement à quel moment on ne pourra plus en France louer ce type de logement », indique Sandrine Buresi, coprésidente du Cler – Réseau pour la transition énergétique.

Néanmoins, pour la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) – Territoire d’énergie, la simplification des aides « va dans le sens d’un meilleur accompagnement des ménages » et « l’annonce de la mobilisation d’un fonds d’investissement pour les bâtiments publics de 4,8 milliards d’euros, dont une partie sera gérée par la Caisse des Dépôts, est également une excellente nouvelle. Les collectivités ont mis en place des outils permettant de catalyser ces actions, à la fois aux niveaux métropolitain, régional et des territoires d’énergie ».
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