La plupart des zones d'activité hexagonales sont vieillissantes et mal entretenues. En cause : l'absence de gestion. Une carence « qui ne favorise pas la création de liens entre les acteurs, le suivi régulier de la qualité et la mise en oeuvre de nouvelles actions », analyse l'Arene Ile-de-France dans un guide méthodologique paru en décembre 2007.
Seules quelques dizaines d'entre elles, souvent certifiées Iso 14001 ou enregistrées Emas, profitent des compétences et du dynamisme d'équipes d'animation attitrées. Leur objectif : proposer un guichet unique aux entreprises et leur insuffler une culture de l'action collective. « Le développement économique est du ressort des communautés de communes, mais cette compétence est souvent dispersée entre plusieurs services. Par manque de personnel, il est rare qu'une personne soit affectée à la gestion d'une zone. Quand c'est le cas, c'est généralement au sein d'une structure de type syndicats mixtes », explique Paul Schalchli, chef de projet chez Orée. Le guide de l'Arene préconise ainsi l'emploi « d'au moins une personne, pas obligatoirement à plein-temps », ainsi « qu'un soutien des partenaires pour certaines manifestations ». Pour animer un écoparc, il n'existe aucune école. « Économie, sciences sociales ou environnementales, tous ces chefs de projet ont des parcours différents. Il faut qu'ils soient avant tout des rassembleurs », estime Joël Monti, directeur de l'association Palme.
Sur le parc industriel de la plaine de l'Ain (01), des compétences techniques sont également nécessaires : « Entre la gestion de notre station d'épuration et celle des risques, mon DESS en maîtrise et gestion de l'environnement industriel n'est pas inutile, remarque Johanna Canitrot, responsable QHSE du syndicat mixte de la plaine de l'Ain. Au sein d'une équipe de douze personnes, nous sommes trois, dont une assistante à mi-temps, à nous charger de l'animation environnementale du parc. Nous essayons d'y développer une culture de synergie industrielle, notamment grâce à un club d'entreprises créé en 2004. » Ont ainsi été mis en place une gestion collective des déchets, un système commun de communication d'urgence ou encore la mutualisation de l'entretien des séparateurs à hydrocarbures. Pour l'Arene, l'animation doit en effet faire appel à « deux acteurs centraux : le gestionnaire de la zone d'activité et l'association d'entreprises ». Le guide conseille également de veiller à l'adéquation entre le projet et les moyens affectés. Relativement limités, les coûts liés à l'animation sont à considérer comme un investissement, comme l'a constaté Emmanuel Tavernier, chargé de mission environnement de la communauté de communes Bresle maritime (76) : « Une entreprise d'outillage certifiée 14001 vient de s'installer dans le parc environnemental d'activité de Gros-Jacques, car nous en avons certifié la gestion. Pour la même raison, la CCI y implantera sa pépinière d'entreprises spécialisées dans les énergies renouvelables ».