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[Tribune] La consigne : un engagement pour l'environnement, une opportunité sociale et économique

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[Tribune] La consigne : un engagement pour l'environnement, une opportunité sociale et économique
Par Manuel Rodriguez, président d'Océan sans plastiques, et Benoît Paget, président de GreenBig, le 21 octobre 2019
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Cette semaine, Manuel Rodriguez, président d’Océan sans plastiques, et Benoît Paget, président de GreenBig, défendent le dispositif de consigne, qu’ils considèrent comme une solution qui permettra "d’aligner économie et écologie".

La problématique de la pollution de l’environnement par les plastiques atteint une ampleur qui lui vaut toute l’attention des instances internationales, un consensus du monde scientifique et une sensibilité grandissante de chacun de nous.

Si toutes les conséquences écologiques, alimentaires, sanitaires, économiques ne sont pas encore listées, l’urgence à agir est bien posée. La France possède sa part de responsabilité et la mise sur le marché, des décennies durant, d’emballages pour lesquels aucune solution satisfaisante de collecte ou de recyclage n’était mise en oeuvre y a contribué. La situation s’améliore, certes. Mais elle reste très insatisfaisante. Selon les chiffres les plus optimistes ce ne sont pas moins de 43% des bouteilles PET qui finissent en décharge ou en incinérateur et 140 millions de bouteilles - les 1% non collectés - qui finissent chaque année dans la nature. Chaque citoyen peut le constater dans son quotidien et la présence d’emballages plastiques dans le caniveau, dans les rivières et fleuves ou sur les littoraux ne peuvent qu’amener au constat de l’échec du système français de collecte. Cette constatation, le gouvernement français lui-même l’a faite et s’est saisi d’un outil, la consigne, qui permettrait d’améliorer profondément nos performances de collecte actuelles. Mise en place avec succès dans plusieurs pays européens, la consigne cristallise actuellement les tensions en France.

Bien sûr, la consigne à elle-seule ne résoudra pas toute la problématique plastique. Bien sûr, la consigne ne saurait en aucun cas répondre à cette nécessaire réflexion sur la place du plastique dans nos vies, à ces transformations sociétales profondes qu’implique la mutation écologique. Mais face à l’urgence écologique peut-on se passer d’un système qui, partout où il a été appliqué avec intelligence, a largement permis de solutionner la question de la présence d’emballages de boisson dans la nature ? Faudrait-il au nom de "meilleures solutions qui restent à inventer" se refuser à appliquer une réponse qui pourrait être développée en quelques mois sur notre territoire et permettrait de collecter près de 100% des emballages de boissons, PET, alu et briques polymatériaux et faciliter le réemploi des bouteilles en verre ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit ! Du développement d’un mode de consigne ambitieux, qui vise à collecter 100% des emballages de boisson, partout sur le territoire et non de laisser se développer, ça et là, des initiatives ponctuelles à la recherche d’un bénéfice immédiat.

Mettre en place la consigne aura-t-il des conséquences économiques ? Oui, sans conteste. Tout d’abord sur la filière PET qui, avec une collecte plus efficace en termes de volume mais aussi de qualité devrait connaître une croissance accélérée et la création d’emplois non délocalisables. Des conséquences également sur la poubelle jaune car parmi les coûts importants du traitement des déchets ménagers, le transport figure en bonne place. En retirant les bouteilles du bac de tri, les poubelles se rempliront moins vite, générant des économies sur la collecte pour les collectivités, qui ont par ailleurs reçu la garantie du maintien de leurs financements par l’éco-organisme Citeo. Les recycleurs seront-ils les grands perdants de la consigne ? Même sans les bouteilles, il restera dans le bac de tri de nombreux plastiques dont la valeur économique est élevée mais qui ne sont aujourd’hui quasiment pas recyclés. Les importants investissements réalisés dans des chaînes de tri de haute performance doivent servir à trier et recycler des emballages comme par exemple le pot de yaourt, qui à lui seul représente 25% du gisement total (en tonnes) de bouteilles en plastique !

Le changement est l’appel d’air de l’innovation. C’est lui qui pousse à inventer des solutions plus vertueuses écologiquement et économiquement, parfois aux dépends de modèles économiques vieillissants. C’est tant mieux s’il s’agit de mettre sur pied une filière innovante, unique au monde, créatrice d’emplois industriels non délocalisables. La consigne est une opportunité à saisir, tant d’un point de vue écologique qu’économique ! Rassemblées autour d’un manifeste pour la consigne, partout en Europe, les ONG se mobilisent pour la mise en place de cette solution comme une nécessité urgente et observent avec espoir ce qui se déroule en France. A nous d’inventer le modèle qui pourrait servir d’exemple, dans lequel toutes les parties prenantes seraient gagnantes, y compris celles qui s’y opposent par peur d’y perdre. Quelle réussite ce serait d’enfin réussir à aligner économie et écologie !
Manuel Rodriguez, président d'Océan sans plastiques, et Benoît Paget, président de GreenBig
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