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TERRITOIRES

Prochain défi : démultiplier les réussites locales

LA RÉDACTION, LE 25 JANVIER 2010
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Vous avez créé votre société Valtao en 2008, en vous adressant en priorité aux dirigeants. En 2009 vous lancez une étude sur le développement durable : conjoncture délicate pour les sociétés de conseil ou effet de mode ? Si la mode est à la protection des ressources de la planète, alors c'est une mode qui va durer encore quelques siècles ! Au sein de Valtao, nous partageons une conviction : le développement durable va amener nos sociétés à revoir complètement nos modes de vie. Plus rien ne sera comme avant. Les élus locaux, du point de vue des citoyens, sont les interlocuteurs en première ligne, surtout avec l'échec de Copenhague, où les ONG ont été « invitées » à sortir, à la surprise générale. Quelles sont vos convictions sur le développement durable ? Au vu de l'étude, je sens que le développement durable est un concept qui aura du mal à s'ancrer dans les réalités locales si toutes les parties prenantes n'ont pas rapidement le réflexe de partager leurs expériences et de les démultiplier. Partager, cela signifie s'ouvrir aux autres sur ses échecs et ses réussites, réfléchir au-delà de son pré carré, observer avec méthode ce qui se fait ailleurs pour le cas échéant reproduire et non réinventer. De la sorte, il y a beaucoup de temps et d'énergie à économiser. Démultiplier, c'est faire d'une expérience réussie un terrain pour propager cette réussite au-delà de son propre périmètre d'action, et aider à accélérer la mise en place à grande échelle de ce qui a réussi localement. Pourquoi prendre comme cible les collectivités territoriales ? Longtemps les villes ont été accusées d'être la source des problèmes en développement durable. Récemment, on s'est aperçu qu'elles étaient aussi un formidable réservoir de solutions ! Encore faut-il pleinement les exploiter... Par ailleurs, les adjoints au développement durable que nous avons rencontrés ont pour la plupart entamé leur premier mandat. L'enthousiasme des débuts risque de s'épuiser face à la dure réalité des projets complexes du développement durable. Enfin beaucoup de collectivités n'ont pas une expérience étendue, comme les entreprises, en matière de pilotage de projets et de coordination des nombreuses parties prenantes. Quelles sont les principales caractéristiques du développement durable en France ? Quatre tendances fortes apparaissent à partir des trois départements analysés. Tout d'abord pour les 63 adjoints au développement durable rencontrés, 98 % d'entre eux voient le développement durable comme avant tout écologique dans la réalité quotidienne, même si 90 % d'entre eux confirment que le concept de développement durable nécessite un équilibre entre les 3 piliers écologie-social-économie. Ensuite, il y a une absence assez nette d'alignement des enjeux locaux avec les enjeux nationaux ou internationaux. Ainsi 82 % des élus rencontrés sont familiers des Agendas 21, mais seulement 23 % avec les Objectifs du Millénaire pour le Développement. A titre d'exemple, seule une petite minorité a cité l'objectif des 20 % de produits bio dans la restauration collective et le souhait de s'en rapprocher. Une 3e caractéristique concerne la dynamique locale : les mêmes freins et les mêmes leviers sont cités par les adjoints interrogés. Ils rencontrent beaucoup de résistances au changement, les projets sont complexes. 66 % d'entre eux n'ont aucun budget dédié, on comprend leur souhait de voir le levier financier mieux doté ! Quant à la mobilisation de toutes les parties prenantes, cela relève pour eux d'une dynamique qui reste difficile à lancer. Pour finir, ils sont entravés dans leurs processus décisions et la mise en actions des idées du fait d'un un manque d'adhésion de leurs pairs aux projets de développement durable. Pourquoi l'écologie est-elle toujours mise en avant par les élus locaux ? L'écologie est un sujet porté par de nombreuses associations de renom, il est facile de solliciter l'attention de chacun sur ce type d'enjeux, c'est extrêmement populaire. Par contre le social ou l'économie, c'est moins glamour ! Donc pour beaucoup, le développement durable se résume à l'écologie. Ce n'est évidemment pas que ça. C'est oeuvrer sur les trois piliers. Malheureusement aujourd'hui, c'est un exercice périlleux pour les adjoints au développement durable. Beaucoup se trouvent pris entre l'adjoint aux affaires sociales et celui à l'économie. De plus, n'oublions pas que pour 66 % des personnes rencontrées, aucun budget n'est dédié à leur mandat. Les adjoints au développement durable ont ainsi une double raison pour se focaliser sur un sujet, plutôt que sur les trois. Pour beaucoup d'électeurs, il y a confusion entre écologie et développement durable, il y a donc une attente qui se focalise sur ce sujet. Et puis dans un contexte économique difficile, la question du futur, et donc des générations à venir, prend moins de place dans les esprits. Selon votre étude le manque de cadrage est chronique en France, comment y remédier ? Je reprendrais ce qui nous a été dit au cours de l'étude. Le cadrage pose un dilemme : soit il y a trop de cadrage, soit pas assez. Les adjoints au développement durable nous disent que les cadrages « Agenda 21 » sont trop lourds. 50 % des adjoints rencontrés ont à gérer un Agenda 21. Les qualificatifs qui reviennent fréquemment sont « trop lourds », « complexes », « inutiles ». Et quand il n'y pas de cadrage de ce type, 51 % des élus citent la préparation et le cadrage d'un projet comme principale phase de blocage. Moins d'un projet sur deux bénéficie d'un suivi pour toutes ses phases clefs. Les maires mesurent-ils la nécessité d'une vraie implication de leur commune dans cet effort collectif ? Nous n'avons pas rencontré les maires, nos interlocuteurs étaient les adjoints aux maires en charge du développement durable. Après la publication de l'étude, nous avons reçu un certain nombre de courriers émanant de maires eux-mêmes qui nous ont félicités sur notre étude. Néanmoins, la plupart des acteurs du développement durable rencontrés affirment leur intérêt pour le sujet et leur enthousiasme pour enclencher des actions concrètes, pour mettre en place le concept de développement durable. Toutefois peu, à mon sens, ont perçu l'effet d'expérience et l'effet de taille qui peuvent jouer, c'est-à-dire l'efficacité accrue de leurs actions s'ils travaillent, et partagent bien plus qu'aujourd'hui le fruit de leurs expériences, réussies ou non. Croyez-vous que la démultiplication, c'est-à-dire le partage ouvert des réussites soit possible ? Certains auraient tendance à privilégier leur réélection plutôt que les actions à long terme qui sont contraignantes... C'est un parti pris assez logique, non ? Les collectivités locales sont confrontées comme les entreprises à l'efficacité de leurs actions, elles ont des budgets qu'elles doivent utiliser au mieux. Démultiplier c'est partager une expérience réussie chez soi avec son voisin, c'est récupérer du voisin les recettes qu'il a trouvées pour réussir le développement durable chez lui, avant vous. Évitons de réinventer chacun dans sa collectivité. Il y a beaucoup de temps et d'énergies à économiser. Beaucoup d'adjoints rencontrés, enthousiastes et volontaires, vont à un rythme pour courir un 100 mètres alors que nous avons 10 ou 15 marathons à parcourir... et en parallèle ! Si les élus ne pensent qu'à leur réélection et au court terme, c'est justement en démultipliant le développement durable local qu'ils pourront montrer aux citoyens qu'ils peuvent oeuvrer avec efficacité, c'est-à-dire en mobilisant le temps et les énergies pour faire vivre le cycle préparation-décision-réalisation. Après Copenhague, comment peut-on redonner l'envie aux citoyens sur ce type de préoccupation ? Et à leurs élus ? Le développement durable c'est notre avenir, c'est l'avenir de nos générations futures. Une partie de cet avenir se joue à l'échelle mondiale, et nous ne pouvons pas uniquement rester des spectateurs déçus par le camouflet de Copenhague. Une autre partie de cet avenir se trouve entre nos mains, les réussites locales, ça existe, les volontés locales, ça existe, il est possible d'avancer localement et de montrer chacun à son échelle, la voie. Pour finir, quel serait le message que vous voudriez faire passer à nos lecteurs ? Réussir le développement durable c'est réussir à construire un avenir vivable pour nos générations futures. Plus tôt nous mobilisons les volontés et les énergies, plus faciles seront les réalisations, et ça pour l'instant les pays ayant participé à la conférence de Copenhague n'ont pas voulu l'admettre...


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