Les directives issues du Grenelle de l'Environnement sont claires : la France, qui dispose de l'une des plus importantes surfaces forestières d'Europe (15,5 millions d'ha) doit produire plus de bois et mieux en valoriser les usages. Ainsi, les pouvoirs publics prévoient une augmentation de la récolte en bois de 12 millions de m3 en 2012. Cette évolution doit profiter au bois énergie et au bois construction, les qualités écologiques et techniques de ce matériau étant aujourd'hui reconnues. Néanmoins, la filière bois pourra-t-elle répondre à une demande en bois croissante alors que, déjà, les ressources forestières de la France sont inadaptées aux besoins actuels du marché ? « Aujourd'hui, la filière bois puise dans les ressources importantes plantées, pendant un demi-siècle, à l'époque du Fonds forestier national (FFN). Mais depuis la suppression de cette structure en 1997, le renouvellement des forêts s'effectue essentiellement par régénération naturelle. (...) Le niveau actuel du reboisement est d'autant plus insuffisant que, sur les 525 000 ha ravagés par la tempête de 1999, seuls 150 000 ha ont été reconstitués. » Ce désengagement de la France vis-à-vis de son patrimoine forestier est lourd de conséquences pour le dynamisme de la filière et la pérennité de la forêt. « La France est notamment le pays qui plante le moins en Europe, hors zone méditerranéenne. »
D'autre part, en France, les industriels du bois n'exploitent que 60 % de la récolte potentielle forestière annuelle. Le morcellement de la forêt française explique en partie cette difficulté à mobiliser la ressource disponible (74 % de la surface forestière dépend de propriétaires privés) de même que la présence de nombreux massifs forestiers dans des zones méditerranéennes et montagneuses, parfois difficilement accessibles.
Selon les professionnels de la filière, il faut donc évoluer vers une stratégie de gestion forestière responsable. « Alors que la demande en bois est croissante, la mise en place d'une véritable stratégie forestière, intégrant la plantation, permettra de renforcer le dynamisme de la filière bois, qui emploie plus de 300 000 personnes, sans mettre en péril la forêt française. »