L'heure de la mise en conformité a sonné ! Depuis juillet, sauf disposition contraire liée à la sécurité, les communes doivent ouvrir aux vélos à contresens l'ensemble des rues à sens unique limitées à 30 km/h. Pas de panique : les aménagements à réaliser - essentiellement des panneaux de signalisation et du marquage au sol - sont simples et peu coûteux. « Mais ils doivent être cohérents et expliqués aux habitants. L'approche est globale et exige un portage politique », prévient Olivier Le Lamer, l'adjoint chargé des déplacements du maire de Lorient, une ville pionnière en matière de vélo.
En conseil municipal ou extra-municipal, aux élus de mettre le sujet sur la table, au maire de trancher et de prendre les arrêtés de voirie nécessaires, et de mobiliser les services techniques. « Sur le terrain, ce sont eux qui étudient la faisabilité des aménagements à réaliser », glisse François Bonneau, conseiller municipal d'Agen. « Pour motiver les troupes, mieux vaut leur présenter ce changement comme une aubaine pour concilier vie urbaine et circulation automobile que comme un fardeau à gérer », motive Patrice Pattee, adjoint à l'urbanisme du maire de Sceaux, une ville qui a classé l'ensemble de sa voirie en zone 30. Avant d'apposer la signalisation nécessaire, le dialogue avec le maximum d'associations locales (résidents, commerçants, cyclistes) est aussi vivement recommandé. Car si les aménagements réalisés les déçoivent, elles le feront vite savoir...
Dans les services voirie ou déplacements des villes, le plus simple est de désigner un référent chargé de coordonner les travaux, de traiter les doléances ou problèmes rencontrés sur le terrain et d'animer le dialogue avec les usagers. « Cet effort d'information est primordial. C'est l'occasion de parler de la place du vélo en ville et de la nécessité d'apaiser la circulation automobile. À Lorient, on a fait une centaine de réunions de quartier sur le sujet », indique Olivier Le Lamer. Points à ne pas négliger durant ces réunions : le traitement des sorties d'écoles et des carrefours, où le double sens cyclable est encadré par une signalisation adaptée ou bien protégé physiquement de la circulation en sens inverse par un séparateur. Mais aussi l'accidentologie, un domaine où les idées reçues sont encore légion. « Pour les combattre et bien informer les usagers, une commune peut s'appuyer sur son service communication. Pensez aussi à faire circuler l'information via le site Internet de la ville, le journal municipal, le mobilier urbain », recommande Patrice Pattee. Un conseil pris au pied de la lettre par la ville de Paris, qui communique massivement sur le sujet et vise l'objectif d'un millier de rues en double sens cyclable. Quant aux collectivités plus novices en la matière, elles peuvent se tourner vers des structures à même de les conseiller : réseaux de collectivités (Club des villes et territoires cyclables), d'associations cyclistes (Fubicy) ou même des centres d'études spécialisés comme le Certu.