« Aux yeux de nos concitoyens, une réforme, c'est renforcer les acquis sociaux. C'est abattre les murs qui séparent et isolent. C'est inviter tout simplement au progrès. Avec le gouvernement, les réformes entraînent le pays dans la voie de la régression. Elles divisent les Français. Elles entament l'idée même de progrès. La réforme territoriale n'échappe pas à cette règle. Elle en est même un parfait condensé. Car, comme tous les autres projets portés par le gouvernement, elle marque une cassure profonde dans l'histoire des grandes lois émancipatrices. Nicolas Sarkozy ne suit pas les traces de François Mitterrand et de Pierre Mauroy. Il clôt au contraire un cycle jusqu'à présent ininterrompu de renforcement de la décentralisation. Notre pays a besoin d'une réforme encourageant la solidarité et non les inégalités entre les territoires, approfondissant la démocratie locale et non remettant en cause la parité, respectant l'autonomie fiscale des collectivités territoriales et non institutionnalisant la pénurie budgétaire, renforçant enfin les régions dans leur rôle stratégique et non d'un local « low-cost ». La réforme territoriale ne répond à aucun de ces objectifs. Elle ne va pas dans le sens de l'histoire. » (in Le Monde, 4/11/2010)