Journal des Communes : La Métro accueille les 12es assises nationales de l'énergie des collectivités territoriales. Quels sont les sujets forts de cette édition 2011 ?
Jean-Marc Uhry : Pour la première fois, les assises intègrent l'air comme une nouvelle problématique à part entière. Pour cette raison, le nom même de l'événement change pour devenir « Assises nationales de l'énergie, du climat et de l'air ». La prise en compte de cette thématique apparaît aujourd'hui comme une évidence, car le triptyque - climat, énergie et air - a des dispositions actuelles contradictoires. La réglementation a une position antinomique sur la qualité de l'air intérieur et les exigences au niveau de l'isolation des bâtiments par exemple. De même si une collectivité ou un particulier veut développer les énergies renouvelables avec le chauffage au bois, se pose alors le problème de qualité de l'air extérieur. Si l'on veut intégrer la pollution de l'air aux sujets du climat et de l'énergie, il faut revoir nos modes de gestion actuels.
JdC : Comment concilier ces trois thématiques ?
J-M. U. : L'arrivée des Schémas régionaux climat-air-énergie (SRCAE) va permettre d'accélérer la prise en compte de l'atmosphère dans sa globalité. Pendant les assises, nous allons aborder le sujet à plusieurs reprises. Je vais moi-même animer un atelier sur le thème « Transversalité air-climat-énergie ». Nous aborderons le grand défi qui attend les collectivités en 2020 avec les 3 x 20 du plan climat (NDLR : 20 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre, 20 % d'augmentation de l'efficacité énergétique et 20 % d'énergies renouvelables). Je parlerai également des objectifs que s'est fixés l'agglomération Grenoble - Alpes Métropole avec les 3 x 14. En outre, nous parlerons du projet avec le Cired (Centre international de recherche sur l'environnement et le développement) pour intégrer des exigences de seuil au paramètre « qualité de l'air » au niveau des performances sur les particules et les molécules de NO2.
JdC : Quels seront les autres sujets importants abordés lors de l'événement ?
J-M. U. : La thématique sur l'urbanisme et la mobilité : « quelles clés pour des territoires à basse consommation d'énergie ? » occupera également une place importante. Là aussi, il faudra avoir un regard croisé sur les problèmes liés à la mobilité, l'urbanisme et la qualité de l'air. Si l'on veut diminuer les gaz à effet de serre dans la ville, il faut réduire les déplacements et donc réaménager les services de soins.
Il faut mesurer les effets négatifs de la densification. Ce sont toujours les plus pauvres qui vivent dans les zones des villes souvent les plus polluées. Même constat pour le bruit. Les élus doivent donc se reposer la question sur l'attractivité de la ville. Indépendamment du prix des logements, il faut tenter de rendre la ville plus désirable, réinstaller les services de proximité, et privilégier les espaces verts.
Les problèmes d'aménagement et de déplacements sont étroitement liés à l'énergie.
Six ans après le plan climat, il faut selon moi réfléchir de façon globale. Les scénarios envisageables doivent prendre au compte les acquis et les retours d'expérience de terrain. Cela devrait se traduire par une meilleure prise en compte des critères environnementaux au niveau des Scot, des Plu et des PDU.
JdC : Qui financent les projets engagés par le Grenelle ?
J-M. U. : Les collectivités soutiennent la grande partie les projets. Elles reçoivent très peu d'aides de l'État, si ce n'est pour des projets très spécifiques comme le plan Zapa pour Zones d'action prioritaires pour l'air. À Grenoble, un projet est soutenu par l'Ademe et le Ministère pour la mise en place d'un observatoire du bruit. Mais sur les grandes problématiques comme la réhabilitation des parcs privés et publics de logements, on reçoit uniquement des aides de l'Anah. Cela limite nos cibles, 10 000 logements vont pouvoir en bénéficier alors que cela concerne 80 000 habitations. Le gouvernement tente d'obtenir des aides via la Caisse des dépôts et consignations à partir des quotas de CO2, nous attendons...