Et de deux ! Ce n'est pas la première, mais la seconde charte sur les marchandises passée avec les acteurs du secteur à Paris. « Un bilan a été tiré de la première charte couvrant la période allant de 2006 à 2009 et axée sur de bonnes pratiques. La nouvelle devait être plus opérationnelle, abordant des projets davantage portés par des partenaires et couvrant toutes les dimensions de la logistique urbaine », explique la mairie de Paris. Plus participative que la première, elle a été signée par 80 acteurs, transporteurs, chargeurs, opérateurs de flottes et gestionnaires de réseaux. Soit deux fois plus qu'en 2006. Nouveauté : elle se décline à travers seize groupes de travail, dont cinq pilotés par la ville. « Si nous nous mettons en mode projet, c'est que les acteurs du secteur ont une réelle envie de travailler ensemble. La logistique urbaine a ceci de passionnant que la logique d'entreprise s'y conjugue avec celle de l'organisation du territoire », ajoute la mairie de Paris. Pour mailler la ville d'espaces logistiques et réorganiser les flux, élus et professionnels n'ont plus le choix et doivent accorder leurs violons. D'autant que l'essor du commerce en ligne et des supermarchés de proximité ne fait qu'accroître le flux de camions engorgeant les artères. La barre des 100 000 véhicules circulant chaque jour est presque atteinte.
Toujours plus de flux pour toujours moins d'espaces : pour contrer cette dérive de nouvelles actions émergent, pour sanctuariser par exemple les 9 000 places de livraison en offrant aux transporteurs et déménageurs la possibilité de les réserver. Autres pistes : dialoguer avec le petit commerce pour améliorer les bonnes pratiques, déployer un service de livraison à pied déjà expérimenté sur un quartier ou explorer plus à fond le potentiel de reconversion en espaces logistiques des parkings concédés, mais aussi des surfaces des bailleurs sociaux. À Paris intra-muros, trouver des espaces adaptés aux besoins des logisticiens reste compliqué. L'opérateur Sogaris et Chronopost viennent d'en ouvrir un. « Mais il en faudrait un par arrondissement, on en est loin », nuance Christophe Ripert, chez Sogaris. La charte ouvre aussi une nouvelle fois le dossier en suspens du transport d'automobiles sur la Seine par des barges porte-voitures. Plusieurs actions visent d'ailleurs à développer le fret par voie d'eau. « Deux ports urbains vont être aménagés, annonce Benoît Melonio, directeur du développement de Ports de Paris. Avec ou sans charte, nous l'aurions fait. Mais s'impliquer dans cette démarche collective donne vigueur et attractivité au projet. »
Les canaux parisiens seront aussi mobilisés pour transporter autre chose que des pondéreux : un appel à projets est prévu en 2014. « Un autre groupe de travail planche sur l'objectif de 50 % des livraisons du dernier kilomètre effectuées d'ici à 2017 en véhicules non diesels. Nous nous réunissons tous les deux mois, auditons les constructeurs et visons des progrès concrets », raconte Jean Deprater, président du Groupement des activités de transport et de manutention de la région Ile-de-France (Gatmarif ), qui pilote cette action. « La volonté politique est claire et cette charte va permettre une montée en puissance de notre action d'ouverture de créneaux de livraison de nuit en contrepartie d'un engagement dans le label Certibruit. Un observatoire des livraisons de nuit et une communication renforcée auprès des habitants sont prévus », conclut Éric Devin, président de Certibruit.