Trente ans que le bras de fer dure ! Relancé après un gel lié à une première levée de boucliers, le projet d'aéroport Grand Ouest à Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, divise toujours les élus. Europe Ecologie-Les Verts ( EELV), des associations écolos et des collectifs paysans s'y opposent, tandis que l'État et les collectivités locales socialistes (Régions Bretagne et Pays de la Loire, département Loire-Atlantique et agglomération nantaise) l'ont validé. « On en a besoin pour développer la région et fermer l'aéroport du centre de Nantes, qui dérange trop les habitants et pose des problèmes de sécurité », estime Gilles Bontemps, vice-président du conseil régional des Pays de la Loire, qui y injecte 40 millions d'euros. Le projet vient de franchir deux étapes importantes. La concession du nouvel aéroport a été attribuée en début d'année à Vinci, qui prévoit de l'ouvrir en 2017 et de l'équiper d'une centrale photovoltaïque. Par ailleurs, une première expertise a conclu que l'aéroport occupera une emprise inférieure à celle prévue dans la déclaration d'utilité publique (DUP) et qu'au titre des mesures compensatoires, des zones humides et agricoles seront reconstituées. Mais voilà qu'en pleine amorce du chantier, une autre étude ajoute de l'eau au moulin des opposants ! Publiée fin octobre et réalisée par le cabinet CE Delft à l'initiative d'élus, elle reprend point par point celle réalisée à la demande de l'État, avant les enquêtes publiques puis la DUP. « Elle estime que les coûts du nouvel aéroport excèdent les bénéfices qu'il apporterait et que ces derniers ont été gonflés. L'écart se chiffre en centaines de millions d'euros », résume le sénateur EELV Ronan Dantec. Avec d'autres opposants, l'adjoint au maire de Nantes exige l'annulation de la DUP.