« Une farce, un gag ! » Chef de file des élus locaux du massif vosgien, François Tacquard s'est étranglé, fin 2011, à la lecture du rapport sur la circulation des poids lourds dans les cols entre l'Alsace et la Lorraine. Le document commandé par le ministère de l'Écologie préconise une série de restrictions réglementaires, sauf pour le col du Bussang, en raison de son éloignement du tunnel de Sainte-Marie-aux-Mines. Pourtant, c'est sa fermeture en 2000 pour travaux de sécurité à la suite de la catastrophe du Mont-Blanc qui a entraîné le report des camions dans le massif, avec une ampleur toutefois contenue. Sa réouverture, en 2008, est un flop à cause d'un péage exorbitant du concessionnaire APRR, à 59 euros pour les camions. L'auteur du rapport, l'ingénieur général Jacques Sichermann, propose une baisse de tarif, de 30 ou 50 % selon la fréquence de passage, assortie de restrictions de trafic dans les cols, avec contrôles réguliers. L'État a dit d'accord pour une expérimentation de deux ans à partir de ce début d'année. Le scénario table sur 670 camions supplémentaires par jour dans le tunnel, ce qui ramènerait la fréquentation pas très loin des 1 200 d'avant fermeture. Le col proche du Bonhomme serait délesté d'autant et ses voisins connaîtraient également des baisses. Resterait une « légère » hausse de 164 camions par jour dans le Bussang, où le trafic a diminué dans des proportions plus importantes depuis dix ans. François Tacquard conteste cette vision statistique et invite à constater l'engorgement de la vallée de Saint-Amarin, dont il préside l'intercommunalité.