Comment remettre sur les rails un RER à bout de souffle ? Après avoir enquêté deux mois sur la manière dont est géré le réseau francilien, des députés ont rendu un rapport assorti d'une trentaine de recommandations. Première urgence : en finir avec la gouvernance à deux têtes du réseau - un bout par la RATP, l'autre par la SNCF - qui conduit à des écarts de gestion tels, qu'« y compris sur les lignes exploitées en commun, ces opérateurs utilisent des systèmes d'alimentation électrique différents », précise le rapporteur Pierre Morange. Ce député des Yvelines ajoute que « d'autres opérateurs interviennent, mais que dans cette jungle, chacun s'ignore ; le réseau, saturé et vieillissant, subit un manque d'investissement depuis vingt ans ». Son rapport préconise de réformer la gouvernance du système en développant des centres uniques de commandement sur les lignes A et B et en replaçant les usagers au coeur du dispositif. Leur place au sein des conseils d'administration ou de surveillance des opérateurs est à renforcer. Six mesures sont à déployer d'urgence. « On fera tout ce qu'on peut pour qu'elles le soient d'ici à la fin d'année », promet Daniel Goldberg, député de Seine-Saint-Denis et président de cette commission d'enquête. L'une d'elles vise à garantir au voyageur un système d'information « fiable, complet et multimodal » pour communiquer des informations en cas d'incident dans toutes les gares, y compris en langues étrangères. Les députés préconisent aussi d'augmenter le nombre de rames à double étage et de finaliser ou réviser les schémas directeurs des lignes. Reste à améliorer la transparence financière,car les coûts d'exploitation du réseau sont méconnus.