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De l'intelligence collective dans les réseaux

LA RÉDACTION, LE 1er DÉCEMBRE 2012
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Les démonstrateurs de réseaux intelligents (smart grids) se mul­ tiplient. Et chacun s'emploie à fédérer le plus de par te naires. Nice Grid en compte une dizaine. Greenlys douze… Et pour cause. Sortir d'un modèle de distribu­ tion d'électricité ultra-centra­ lisé requiert des expertises et des approches variées. « De la domotique aux interconnexions européennes, on met beaucoup de choses derrière le concept de smart grid. Au niveau d'une ville ou d'un quartier, il s'agit surtout d'un travail de comp­ tage et de traitement de données pour définir des actions pré­ cises », souligne Marc Jedliczka, directeur général d'Hespul. En Rhône-Alpes, dans le cadre du projet Greenlys, l'association développe ainsi pour ERDF un outil visant à estimer la produc­ tion photovoltaïque locale au quart d'heure près. La marche vers les réseaux intel­ ligents n'est pas une spécialité française. « De nombreux tra­ vaux ont été menés aux États-Unis autour des dispositifs d'effa­ cement. L'Europe a avancé de son côté sur l'intégration des ENR », schématise Laurent Schmitt, vice-président chez Alstom Grid. L'entreprise est impliquée dans une cinquantaine de démonstra­ teurs à travers le monde. La première qualité d'un réseau intelligent est sûre­ ment de savoir s'adapter à un contexte local. « À Carros, dans les Alpes-Maritimes, les difficul­ tés d'approvisionnement élec­ trique rencontrées par le réseau haute tension lors des pointes de consommation ont poussé le pilote Nice Grid à tester l'îlotage, c'est-à-dire le fonctionnement autonome d'un quartier solaire en cas de difficulté d'alimen­ tation », illustre Marc Boillot, directeur de la stratégie et des grands projets d'ERDF. Un tra­ vail avec le fabricant de batteries Saft va notamment permettre d'associer différentes formes de stockage : dans certains bâti­ ments, dans les poses de dis­ tribution d'électricité, dans les postes sources qui ré par tissent l'énergie… Et un quartier lambda peut-il s'adapter ? Plus au nord, en région parisienne, Issy Grid veut répondre à la question. Ici, les sources locales d'ENR sont rares et il n'est pas question de les promouvoir artificielle­ ment. « Le projet rassemble trois types d'acteurs qui ne travaillent pas souvent ensemble, décrit Guillaume Parisot, chef du ser­ vice innovation chez Bouygues Immobilier : ceux qui viennent du monde de l'énergie, les spécialistes de la ville et les experts en systèmes d'information. C'est entre eux que des synergies doivent être trouvées pour faire émerger les réseaux intelligents de demain. » De fait, l'équipe qui pilote le projet s'est rendu compte assez vite qu'il n'existait pas de cohé­ sion entre le maillage du réseau électrique et l'espace de vie. Pour avoir un ensemble plus cohérent à équilibrer, ERDF s'est donc efforcé de modifier ses branche­ ments. Un immeuble jusqu'alors connecté au réseau parisien est ainsi passé dans le giron du quar­ tier. Un travail analogue a été entrepris pour créer un réseau informatique commun entre les bâtiments. « Ils doivent être en mesure de s'informer les uns les autres sur leurs besoins et leur capacité de production », insiste Guillaume Parisot. Le mariage des secteurs de l'éner­ gie et des TIC est enfin le cœur du smart grid. « Aujourd'hui, quand il y a une tension sur le réseau électrique, seul l'énergéticien le sait. Personne n'est en mesure de faire les efforts nécessaires », regrette-t-il. « Avec l'informa­ tion en temps réel, on retrouve un peu la logique de l'écoquartier, avec des consomm'acteurs qui s'adaptent à l'offre du réseau », analyse Laurent Schmitt. J o u e r o n t- i l s le jeu ? « Comprendre les comportements des clients est l'un des objectifs de ces démonstrateurs », explique Marc Boillot. Le pilote lyonnais Watt et moi intègre ainsi un suivi sociologique de 1 000 locataires de GrandLyon Habitat. Et, avec « Smart Electric Lyon », EDF teste l'impact de signaux tari­ faires sur le comportement des usagers. Des fonctions d'automa­ tisme devraient leur simplifier la tâche. Dans le cadre d'Issy Grid, des SMS seront envoyés lors des pics de consommation pour sol­ liciter l'arrêt de tel ou tel équi­ pement. L'éclairage public sera lui aussi mis à contribution, en par­ ticulier lorsque le trafic automo­ bile est réduit. Pour développer de nouveaux services, « il existe de nombreuses jeunes pousses imaginatives avec lesquelles nous pouvons nous associer, se félicite Laurent Schmitt, Ijenko sur les nouveaux services d'effacement à l'intérieur de l'habitation, G2mo­ bility pour le pilotage intelligent des bornes de recharge de véhi­ cules électriques… ».


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